Riaumont : pas de dissolution, mais ce qui s'apparente à une refondation

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Riaumont : pas de dissolution, mais ce qui s'apparente à une refondation

L'interview de Monseigneur Leborgne sur RCF.

Riaumont (25) Institut Sainte-Croix de Riaumont (22) Village d'enfants de Riaumont (21) Diocèse d'Arras (27) Mgr Olivier Leborgne (5)

Mgr Olivier Leborgne a donné une interview sur RCF. Plus que des ajustements, ce qui est demandé par Monseigneur Leborgne et Don Pateau à Riaumont s'apparente à une refondation complète.

  • La dimension éducative n'est plus possible : elle demande des compétences que les gens n'ont pas et que l'actualité empêche
  • La forme de rite ne fait pas la vie religieuse, elle peut être légitime mais elle ne fait pas une communauté religieuse
  • Le rattachement à l'abbaye de Fontgombault n'est pas si ancré que ça et n'a pas beaucoup de sens
  • Le scoutisme est une action : ce n'est pas une spiritualité (chose dont on peut débattre, selon Monseigneur Leborgne)

Comme le journaliste qui a interviewé l'évêque, nous avons envie de demander à Mgr Leborgne : « Mais qu'est-ce qu'il en reste finalement de la communauté, une fois que vous avez dit tout ça ? ». Dans tous les cas, Mgr Leborgne a annoncé que Riaumont avait un an pour revoir l'ensemble de ses statuts, et que la communauté allait être accompagnée pour cela.

Monseigneur Leborgne annonce également que les trois prêtres mis en examen vont faire l'objet d'une enquête canonique. Il demande enfin à Riaumont de mettre fin à toute communication sur les réseaux sociaux.

L'interview

Parmi les les sujets sensibles, figure également l'avenir de la communauté de Riaumont. C'est en mai dernier que vous avez initié avec le père Abbé de Fontgombault une visite canonique et vous avez reçu des conclusions. Où en est le dossier ? Qu'est-ce qui est décidé, qu'est-ce qui va être annoncé ?

[Monseigneur Leborgne] Écoutez, vous me posez une question très d'actualité puisque je viens de rencontrer un certain nombre de personnes concernées par ce dossier. Le père Abbé de Fontgombault et moi-même avons demandé une visite extraordinaire. Nous avons été discrets parce qu'il fallait que les visiteurs, ils étaient trois, puissent vivre les choses sans pression extérieure qui les empêche d'être présents à la situation. La visite a eu lieu en septembre, le compte rendu m'a été fait fin octobre et j'ai rencontré la communauté pour lui en faire part fin novembre avec Don Pateau. Nous nous sommes déplacés.

Avec l'ensemble de cette visite, de la situation actuelle — aussi parce qu'il y a d'autres éléments qui viennent — j'ai annoncé trois choses :

Premièrement, la communauté a un an pour retravailler sur ses fondamentaux. Le rapport est assez clair pour dire que la dimension éducative n'est plus possible, qu'elle demande des compétences que les gens n'ont pas et que l'actualité empêche, que la forme de rite ne fait pas la vie religieuse, elle peut être légitime mais elle ne fait pas une communauté religieuse, que le rattachement à une abbaye bénédictine n'est pas si ancré que ça et n'a pas beaucoup de sens, et que le scoutisme qui est une action n'est pas une spiritualité — chose dont on peut débattre — mais qu'à partir de là, il faut revoir l'ensemble des statuts, c'est-à-dire relire l'histoire et réaccueillir éventuellement un charisme redéfini. C'est un travail qu'ils vont faire accompagnés, et ils ont un an pour le faire.

Deuxième chose, j'ai annoncé que trois membres allaient faire l'objet d'une enquête canonique, parce que ce sont les trois prêtres qui sont mis en examen.

Et puis dernière chose, je leur ai demandé une attitude extrêmement humble en terme de communication, je leur ai demandé de mettre fin à toute communication sur les réseaux sociaux.

Mais qu'est-ce qu'il en reste finalement de la communauté, une fois que vous avez dit tout ça ? Et comment est-ce qu'ils ont réagi ?

[Monseigneur Leborgne] Ce sont des hommes qui ont la même humanité que nous, donc ce n'est pas facile pour eux à traverser. Ils reconnaissent certains errements de l'histoire, même si peut-être, il faut qu'ils aillent plus loin. C'est évident que leur communication, je leur ai dit plusieurs fois, ne va pas et Don Pateau le leur a dit. Mais ils trouvent que finalement, en tous les cas, pour ce qui est de la redéfinition du charisme à travers des remarques assez approfondies des visiteurs, c'est assez légitime cette demande et que la mise en œuvre de démarche canonique aura le mérite de faire la clarté sur la situation et de sortir d'un flou dans lequel nous sommes aujourd'hui.

RCF Hauts-de-France, à partir de 21:30

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