Relecq-Kerhuon : le préfet et l'inspecteur d'académie avaient connaissance des violences dès 1971
<< Semaine du 22 au 28 septembre 2025 (article 6/8) >>
Relecq-Kerhuon : le préfet et l'inspecteur d'académie avaient connaissance des violences dès 1971
Ils suspectaient également des détournements d'argent public avec des fraudes aux bourses scolaires.
Aidé par des archivistes « très touchées par [leur] démarche », le petit groupe a pu mettre la main sur des coupures de presse, des courriers et rapports de l'inspection de l'Éducation nationale et de la préfecture notamment, pour reconstituer, entre autres, le parcours d'Yves Lae (décédé en 2004), ancien professeur et directeur de Saint-Pierre et principal mis en cause par les anciens élèves pour des faits de violences physiques et psychologiques, dans les années 1960 et 1970.
— Splann !
« Châtiments corporels »… et fraude aux bourses ? C'est ce que rapporte officiellement, au préfet du Finistère, l'inspecteur d'académie départemental en poste à Brest, dans un courrier du 3 mars 1971, que Le Télégramme a pu consulter : « Pour le maintien de la discipline, le directeur aurait parfois recours aux châtiments corporels ». Depuis au moins sept ans déjà - on le sait aujourd'hui -, des enfants se font « massacrer », comme l'un d'eux l'a rapporté dans nos colonnes, par le directeur de l'établissement, le père Yves L., et des enseignants laïcs qu'il a recrutés. Dans la lettre de mars 1971, l'information survient à la fin, de manière presque anecdotique. L'inspecteur a préféré mettre en avant d'autres « infractions », qualifiées d'administratives. Notamment des irrégularités de gestion des bourses d'État. Des élèves boursiers ayant quitté l'établissement étaient toujours déclarés inscrits. D'autres, qui ne devaient pas en bénéficier, étaient comptabilisés. Le collège facturait enfin aux familles des frais indus. Les faits, non détaillés dans la missive, suggèrent une possible fraude et un éventuel détournement de fonds publics. Dans sa lettre, l'inspecteur d'académie note que ses remarques au directeur L. sont « restées sans effet ». L'inspecteur poursuit : « Il est probable, sinon certain, que d'autres irrégularités ont été commises dans ce domaine (NDLR : gestion des bourses), sans avoir été décelées. »
Informations complémentaires
Père Yves Lae
- https://www.ouest-france.fr/faits-divers/violences/qui-est-le-pere-l-directeur-de-lex-college-breton-mis-en-cause-par-50-eleves-pour-sa-brutalite-7b943496-fc19-11ef-84e6-97a4d0833d6d
- https://www.francebleu.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-breizh-izel/il-etait-naturellement-violent-le-pere-l-chef-d-orchestre-des-violences-dans-l-ex-college-du-relecq-kerhuon-8959968
- https://splann.org/relecq-kerhuon-saint-pierre-yves-lae/
- 1950 Arrivé au Collège Saint-Pierre, au Relecq-Kerhuon 🡵.
- juillet 1961 Directeur du collège jusqu'à son départ 🡵.
- 1965 Agréments définitif pour exercer en tant qu'enseignant et directeur de Saint-Pierre 🡵.
- 1971 Interdit d'exercer les fonctions de professeur et de directeur dans la commune du Relecq-Kerhuon par décision du conseil départemental de l'Éducation nationale. Il reste cependant dans l'établissement jusqu'en 1977 🡵.
- 1974 Grâce à la loi d'amnistie adoptée en 1974, la sanction d'interdiction d'exercer d'Yves Lae dans la commune du Relecq-Kerhuon a été purement et simplement annulée 🡵.
- Juin 1977 Nommé dans une paroisse à une quarantaine de minutes du Relecq-Kerhuon 🡵 au Conquet 🡵.
- 2004 Décès 🡵.
« Le père L. exerçait la violence de façon continuelle. Il courait dans la cour et frappait, sans raison », relate Frédéric B., qui se rappelle aussi de longues files d'attente pour aller se confesser. « Une fois, je l'ai entendu hurler dans son confessionnal, saisir l'élève et lui péter la gueule, jusqu'à briser son arcade sourcilière. Il avait du sang sur les mains. »
Un article de Splann ! révèle en septembre 2025 l'identité du père Yves Lae 🡵.
Collège Saint-Pierre, au Relecq-Kerhuon
- https://www.letelegramme.fr/finistere/relecq-kerhuon-29480/cetait-la-terreur-deux-anciens-eleves-visent-ce-college-finisterien-6767557.php
- https://stopsouffranceetablissementscatho.blogspot.com/2025/09/college-saint-pierre-au-relecq-kerhuon.html
- https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/culture-de-l-info/l-enseignement-catholique-destabilise-par-les-accusations-de-violences-en-son-sein-6618343
- https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/04/02/d-anciens-eleves-victimes-de-violences-au-college-catholique-breton-saint-pierre-saisissent-la-justice_6590018_3224.html
- https://www.liberation.fr/checknews/taloches-dans-la-tronche-coups-de-poing-les-anciens-eleves-du-college-catholique-saint-pierre-deposent-50-temoignages-contre-leurs-enseignants-20250402_Z7V5CJIJ7VDRNE4HXI2WWNABI4/
- https://www.letelegramme.fr/finistere/relecq-kerhuon-29480/college-saint-pierre-du-relecq-kerhuon-le-parquet-de-brest-ouvre-une-enquete-pour-entendre-les-victimes-6819183.php
- https://www.francebleu.fr/infos/societe/violences-dans-l-enseignement-catholique-le-diocese-de-quimper-ouvre-ses-archives-a-des-victimes-8017700
- https://stopsouffranceetablissementscatho.blogspot.com/2025/10/declaration-des-collectifs-st-pierre-et.html
- https://www.francebleu.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-breizh-izel/il-etait-naturellement-violent-le-pere-l-chef-d-orchestre-des-violences-dans-l-ex-college-du-relecq-kerhuon-8959968
- https://www.leparisien.fr/societe/religions/abus-dans-les-ecoles-catholiques-le-crabe-pere-argouarch-ils-nont-toujours-pas-ete-eloignes-des-enfants-18-04-2025-WHWAWDIQZVCYPPUSZOKFRCIWCQ.php
- https://www.letelegramme.fr/finistere/relecq-kerhuon-29480/violences-au-college-saint-pierre-au-relecq-kerhuon-des-victimes-qui-menent-lenquete-6896440.php
- https://www.ouest-france.fr/faits-divers/violences/qui-est-le-pere-l-directeur-de-lex-college-breton-mis-en-cause-par-50-eleves-pour-sa-brutalite-7b943496-fc19-11ef-84e6-97a4d0833d6d
Le Collège Saint-Pierre, au Relecq-Kerhuon, est devenu mixte en 1985. Il a disparu à la fin des années 80 dans la fusion avec l'école Notre-Dame pour devenir Saint-Jean-de-la-Croix 🡵.
Qui savait ?
Le collectif de victimes du collège Saint-Pierre, au Relecq-Kerhuon (29), a découvert que les autorités savaient tout dès… 1971. « Châtiments corporels »… et fraude aux bourses ? C'est ce que rapporte officiellement, au préfet du Finistère, l'inspecteur d'académie départemental en poste à Brest, dans un courrier du 3 mars 1971, que Le Télégramme a pu consulter : « Pour le maintien de la discipline, le directeur aurait parfois recours aux châtiments corporels ». L'inspecteur a préféré mettre en avant d'autres « infractions », qualifiées d'administratives. Notamment des irrégularités de gestion des bourses d'État. Des élèves boursiers ayant quitté l'établissement étaient toujours déclarés inscrits. D'autres, qui ne devaient pas en bénéficier, étaient comptabilisés. Le collège facturait enfin aux familles des frais indus 🡵.
Le collectif Saint-Pierre accuse notamment le diocèse de Quimper d'avoir couvert ces violences durant des décennies 🡵.
Les révélations de 2025
Les anciens élèves, qui se surnomment entre eux « les bagnards », ont déposé au parquet un dossier de 50 témoignages écrits, relatant des faits de violences commis entre 1962 et 1996 par les enseignants de ce collège catholique 🡵 🡵.
En mai 2025, le procureur de Brest annonce qu'au moins le président du collectif serait entendu. Selon lui, « il s'agit de prendre en considération la parole des gens. Et on ne sait jamais : si des faits plus récents, non prescrits (des violences sexuelles par exemple) devaient apparaître », des suites seraient davantage envisageables 🡵.
En mai 2025, les archives du diocèse de Quimper et de la direction diocésaine de l'Enseignement catholique du Finistère sont ouvertes au collectif des victimes du collège Saint-Pierre du Relecq-Kerhuon 🡵.
En octobre 2025, les collectifs Saint Pierre du Relecq Kerhuon et Kreisker Ste Ursule de Saint Pol de Léon, remettent 68 nouveaux témoignages de violences sexuelles, physiques et psychologiques perpétrés dans des établissements d'enseignement privé et qui viennent s'ajouter aux 50 témoignages déjà déposés le 31 mars 2025 🡵.
Personnes mises en cause
Au cœur des accusations : le père Yves Lae « Il pratiquait la violence avec une régularité et une nonchalance tout à fait stupéfiante », selon une victime 🡵.
Joël Barusseau est également mis en cause 🡵.
Pour certains professeurs, toujours vivants, cela a continué dans d'autres établissements. L'un d'eux a été signalé en 2006, et mis à pied, deux ans avant sa retraite. Il avait explosé le tympan d'un élève. On s'est aperçu qu'à chaque fois, pour expliquer les coups, les mêmes mots revenaient : « saute d'humeur », « emportement », alors que les violences étaient systémiques 🡵.
Le collectif Saint-Pierre
collectifsaintpierrekerhuon@yahoo.com 🡵
Voir aussi :
Diocèse de Quimper
Évêque : Mgr Laurent Dognin
Vicaire général : Père Sébastien Guiziou
Chancelier : Père Hervé Queinnec
Économe diocésain : Matthieu Le Truédic
Derniers évêques
- 1989–2007 : Mgr Clément Guillon 🡵
- 2007–2015 : Mgr Jean-Marie Le Vert 🡵
- Depuis 2015 : Mgr Laurent Dognin 🡵
Voir aussi :
Enseignement privé catholique
- https://www.ciase.fr/rapport-final/
- https://www.francetvinfo.fr/societe/education/affaire-de-violences-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram/des-excuses-quelques-annonces-et-une-promesse-de-reflexion-comment-l-enseignement-catholique-reagit-aux-temoignages-de-violences-physiques-et-sexuelles-dans-ses-etablissements_7127985.html
- https://www.la-croix.com/societe/affaire-betharram-pour-philippe-delorme-tout-ce-qui-contribue-a-lutter-contre-les-violences-est-une-bonne-chose-20250220
- https://prevention-harcelement.enseignement-catholique.fr
- https://prevention-harcelement.enseignement-catholique.fr/auto-evaluation-sur-le-harcelement/
- https://prevention-harcelement.enseignement-catholique.fr/plan-boussole/
- https://www.nouvelobs.com/societe/20250508.OBS103665/on-ne-peut-pas-se-contenter-de-dire-nous-sommes-une-grande-famille-la-grande-majorite-des-faits-est-derriere-nous-apres-betharram-l-enseignement-catholique-face-aux-plaintes.html
- https://enseignement-catholique.fr/campagne-stop-violences/
- https://www.la-croix.com/apres-betharram-l-enseignement-catholique-lance-une-campagne-stop-violences-20250502
- https://www.letudiant.fr/college/lancement-de-la-campagne-stop-violences-par-lenseignement-catholique.html
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion-cedu/l17b1642-ti_rapport-enquete
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion-cedu/l17b1642-tii_rapport-enquete
- https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/apres-le-scandale-betharram-la-proposition-de-loi-de-spillebout-et-vannier-n-epargne-pas-les-ecoles-privees_259731.html
- https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/hautes-pyrenees/tarbes/une-mission-pour-comprendre-ce-qui-s-est-passe-l-enseignement-catholique-lance-un-plan-sur-dix-ans-contre-les-violences-sexuelles-et-physiques-3244984.html
- https://www.rcf.fr/articles/actualite/restaurer-la-confiance-sans-renoncer-a-lexigence-lenseignement-catholique-a
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/violences-dans-lenseignement-catholique-vers-une-petite-ciase-102767.php
Les chiffres documentés par la CIASE
Dans son rapport paru en 2021, la Commission indépendante sur la pédocriminalité dans l'Église catholique (Ciase) a estimé à 330 000 le nombre de victimes entre 1950 et 2020. Près d'un tiers (30%) des faits ont eu lieu dans les établissements et internats scolaires, « premier lieu des violences sexuelles » contre les mineurs au sein de l'Église. Les victimes sont très majoritairement (83%) des garçons, âgés pour la plupart (62%) de 10 à 13 ans. Les sévices sexuels s'inscrivent « dans un continuum de violences pédagogiques », relève aussi la Ciase.
D'après les chiffres de la CIASE, il y aurait donc eu presque 100 000 victimes dans les établissements et internats scolaires en lien avec l'Église.
« Cette loi de l'omerta était générale » dans la société, assure l'évêque de Bayonne [Mgr Aillet]. « Dans les congrégations religieuses, qui jouent un rôle important dans l'enseignement catholique, la culture du silence, inhérente à l'Église, est redoublée du fait de l'obéissance due au supérieur, et d'une culture corporatiste qui incite à garder le silence au sein de la communauté et à protéger ses membres », nuance l'historienne Agnès Demazières. « Ces congrégations exercent aussi une force d'attraction sur des personnalités perverses du fait de ce climat de silence et d'un accès facile à des enfants et des personnes vulnérables », avance la spécialiste de l'histoire du christianisme, autrice de Sans loi ni foi : Prêtres et violences sexuelles. Au cœur du système catholique.
Premières actions mises en place
Le programme de protection des publics fragiles (3PF)
Depuis 2018, l'enseignement catholique a mis en place le « 3PF », le « programme de protection des publics fragiles ». C'est un dispositif visant la prévention et la lutte contre toute forme de maltraitance, que ce soit le harcèlement, les violences, les abus au sein des établissements scolaires, en mettant à leur disposition des ressources, des éléments juridiques, des outils de discernement et d'action… 🡵.
Le site internet du 3PF propose :
- Des livrets d'information
- Livret 1 : De la lutte contre la maltraitance à la bientraitance éducative
- Livret 2 : La bientraitance éducative
- Recueillir la parole de l'enfant témoin ou victime
- Être à l'écoute - créer des dispositifs d'écoute
- Secret professionnel, discrétion professionnelle, devoir de réserve, confidentialité
- Procédures en matière de protection des mineurs
- Des grilles d'auto-évaluation sur le harcèlement pour les élèves
- Le plan boussole : un processus de discernement et d'action du 3PF. Il peut être mis en place dans les établissements pour faire progresser la culture de la bientraitance éducative.
Un dispositif 3PF pour « programme de protection des publics fragiles » a été lancé par le Sgec. Sur le papier, il est ambitieux (si l'on oublie sa dénomination problématique qui associe le risque d'exposition aux violences à une fragilité préalable). Les conditions de recueil de la parole y sont détaillées, et les risques de maltraitance par une personne détenant l'autorité ouvertement évoqués. Ce n'est pas du tout le cas dans le public, où la question de l'adulte dysfonctionnel reste un impensé, absent du site du ministère et des formations prodiguées aux personnels. Sur le terrain, toutefois, les choses sont plus compliquées. Le Sgec, qui ne dispose que d'un simple pouvoir d'animation et de proposition, est incapable de s'avancer sur la mise en œuvre effective du fameux 3PF, au point de lancer une campagne de communication auprès des parents pour le faire connaître. C'est que l'enseignement catholique est un parfait négatif de l'enseignement public : si le second souffre de son hypercentralisation, le premier se singularise par la très grande autonomie de ses établissements.
La campagne « Stop Violences »
La campagne « Stop Violences » a été lancée le vendredi 2 mai 2025. C'est une campagne d'information et de sensibilisation sur les violences en milieu scolaire dans tous ses établissements, après le scandale de Notre-Dame de Bétharram qui a entraîné une libération de la parole sur le sujet. La campagne « Stop violences » a pour objectif d’« amplifier l'information et renforcer l'implication de tous les acteurs de l'école » sur ce sujet, a indiqué le Secrétariat général de l'enseignement catholique dans un communiqué 🡵.
Suite au lancement de cette campagne, Le collectif Stop Souffrances qui rassemble parents d'élèves, enseignants et personnels des établissements catholiques s'interroge sur l'efficacité réelle de ces mesures, et demande des changements profonds sur le terrain au-delà des effets d'annonce. Sophie, professeure au sein d'un établissement privé sous contrat, « n'a jamais entendu parler de cette campagne Stop Violences, à part aux informations ». 🡵
2025 La commission d'enquête parlementaire
En 2025, la commission « sur les modalités du contrôle par l'État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires » a été initiée après les révélations de Notre-Dame de Bétharram. Son rapport est rendu public début juillet :
Il met en lumière de nombreux thèmes :
- Des violences massives et systémiques
- Le « caractère propre » de l'enseignement privé en question
- La (quasi) absence de contrôles
- Le secret de la confession
Le rapport accorde une large place à l’« affaire Bétharram », et consacre également plusieurs pages à Riaumont.
À la suite de cette commission d'enquête parlementaire, une proposition de loi est déposée en janvier 2026 pour « traduire en justice » les « 50 recommandations » de la commission parlementaire 🡵.
La mission « Qualité de la relation éducative »
2025 Le projet initial : « comprendre ce qui s'est passé »
L'enseignement catholique va lancer une « mission » sur sa feuille de route à l'horizon de dix ans, a affirmé mercredi le nouveau secrétaire général de l'enseignement catholique, Guillaume Prévost, lors d'un point presse à Lourdes (Hautes-Pyrénées) relayé par l'AFP. Elle devrait débuter dans les prochaines semaines, a-t-il affirmé à l'issue d'une rencontre avec les évêques lors de leur assemblée d'automne à Lourdes.
Il s'agirait de « comprendre ce qui s'est passé » dans le déclenchement des violences physiques et sexuelles au sein de l'enseignement catholique, et notamment d'en saisir « la nature systémique », a-t-il ajouté. « Il faut qu'on prévienne l'occurrence de tels crimes (…) et qu'on construise ensemble les garanties qui font que ça n'arrivera plus », a-t-il précisé, plaidant pour « une réflexion très profonde sur notre fonctionnement », car ces violences « blessent profondément le projet éducatif chrétien ».
— France 3
2026 Un nouveau projet pour dégager « les grandes orientations d'une évolution des structures, des projets, des dispositifs de formation de l'enseignement catholique »
La mission sur la qualité de la relation éducative, officiellement lancée, se veut à la fois large et exigeante. Elle est composée de responsables de l'enseignement catholique « dans toutes ses dimensions ». Surtout, elle s'appuiera « sur le témoignage et la participation active de personnes victimes » et sera « éclairée par un collège scientifique ».
L'objectif est clair : dégager « les grandes orientations d'une évolution des structures, des projets, des dispositifs de formation de l'enseignement catholique » afin de garantir, dans tous les établissements, une promesse éducative explicitement formulée par Guillaume Prévost à travers Isaïe : « tu as du prix à nos yeux ».
— RCF
Pour mettre en œuvre cette ambition, trois groupes ont été élaborés.
Un comité de pilotage, d'abord, coordonné par Nathalie Tretiakow elle-même [adjointe de Guillaume Prévost], réunit des représentants de ce que le Sgec désigne comme les « communautés éducatives » : un chef d'établissement, des représentants des directions diocésaines, une enseignante, une représentante de l'Union des réseaux congréganistes de l'enseignement catholique, etc.
Ce comité sera accompagné par un groupe témoin, coordonné par Jérôme Guillement, ancienne personne victime, désormais auteur et thérapeute, comprenant des personnes victimes et victimes collatérales. Cette équipe travaillera en parallèle du comité de pilotage sur les mêmes thématiques, avant que les résultats ne soient croisés. Un processus de désaccord a été prévu.
Enfin, un collège scientifique sera garant de « l'exigence éthique, des conditions juridiques, et de la rigueur intellectuelle de (leurs) travaux », a présenté Nathalie Tretiakow. Y apparaissent, entre autres participants, Yann Raison du Cleuziou, professeur en sciences politiques à l'université de Bordeaux, spécialiste du catholicisme, et le philosophe Fabrice Hadjadj. Il sera coordonné par Augustin Mutuale, doyen de la faculté d'éducation et de formation de l'Institut catholique de Paris. « Une autorité qui ne se pense pas finit toujours par se trahir », a déclaré ce dernier. En tout, le processus devrait durer deux ans.
— La Vie
Voir aussi :
- Abbaye-école de Sorèze (1)
- Abbé Glère (1)
- André Guéguen (1)
- Collectif Voix Libérées (1)
- Collège de Combrée (3)
- Collège de l’Annonciation, à Seilh (1)
- Collège Ozanam de Limoges (9)
- Collège Richelieu à La-Roche-sur-Yon (1)
- Collège Saint François-Xavier d'Ustaritz (3)
- Collège Saint-François-Xavier de Vannes (2)
- Collège Saint-Jean de Pélussin (1)
- Collège Saint-Louis de la Guillotière (1)
- Collège Saint-Michel à Bruxelles (fiche uniquement)
- Collège Saint-Pierre, au Relecq-Kerhuon (7)
- Collège-lycée Saint-Augustin de Bitche (3)
- Collège-lycée Saint-Joseph de Nay (3)
- Dominicaines du Saint Nom de Jésus (2)
- Etablissement d'Angreviers (Gorges) (4)
- Institut Notre-Dame d’Avranches (2)
- Institut Saint-Lô d’Agneaux (2)
- Institution Jean-Paul-II à Compiègne (fiche uniquement)
- Institution Marmoutier de Tours (2)
- Institution Paul Mélizan (1)
- Institution Saint-Dominique de Neuilly (5)
- Institution Saint-Pierre, à Saint-Pé-de-Bigorre (2)
- Kreisker-Sainte-Ursule, à Saint-Pol de Léon (4)
- L'Immaculée Conception de Pau (2)
- Notre Dame de Garaison (7)
- Notre-Dame de Bétharram (49)
- Notre-Dame du Sacré Cœur à Dax, dit Cendrillon (4)
- Notre-Dame-de-Sion (1)
- Père Jacques Choquer (1)
- Père Raymond Mélizan (1)
- Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence (3)
- Saint-Thomas-d’Aquin, à Oullins (3)
- Saint-Vincent Providence (1)
- Sainte Croix des Neiges (4)
- Sainte-Marie, à Chagny (2)
- École Saint-Pierre-Fourier (Collège Saint-Maur) (1)
- École Sainte-Marie à Quimper, dite le Likès (2)
- Établissement Saint-Bernard de Troyes (1)
- Établissement Saint-Stanislas de Nantes (8)
- Établissement scolaire Stanislas (10)