Religieuses abusées : le prix de la divulgation
Vos estis lux mundi, en particulier en ce qui concerne la protection des auteurs de signalements (art.4), ne fonctionne malheureusement pas.
Si dénoncer des abus est toujours une épreuve, ceci-ci est bien souvent encore plus difficile pour les religieuses. Les victimes peuvent être écartées de leur communauté, avec des moyens de subsistance très limités, comme le rappelle cet article.
Pour les religieuses qui dénoncent des abus sexuels commis par des religieux, le nombre de condamnations à l'échelle mondiale est infime. Dénoncer un viol alors que les preuves médico-légales ne sont plus disponibles aggrave la situation. Pourtant, en 2019, le pape François a admis que l'Église était confrontée à un problème d'abus sexuels commis par des religieux sur des religieuses. Ce phénomène se produisait principalement dans « certaines congrégations, principalement des congrégations nouvelles », a-t-il déclaré, et les racines de ce phénomène se trouvaient dans une société qui « considère les femmes comme des personnes de seconde zone ». Le cléricalisme, la distorsion du vœu d'obéissance et l'absence de moyen sûr de dénoncer les abus en sont également responsables.
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Si rien ne change, la plupart des religieuses qui envisagent de révéler leur abus prendront conscience des conséquences punitives d'une révélation déjà publique et décideront que le silence est de loin la solution la plus sûre. Comme Sœur Linah Siabana vient de le dire à la Conférence des Supérieures Majeures d'Afrique et de Madagascar : « Parfois, nous apprenons [l'abus] seulement lorsqu'une sœur est enceinte. »
Informations complémentaires
Religieuses abusées
- https://www.aciafrique.org/news/22311/une-commission-du-vatican-veut-combler-une-faille-juridique-affectant-les-religieuses-victimes-dabus
- https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2026-07/missio-protection-religieuses-abus-mineurs-vulnerable-eglise.html
- https://www.arte.tv/fr/videos/078749-000-A/religieuses-abusees-l-autre-scandale-de-l-eglise/
Les femmes consacrées et les religieuses victimes d'abus sont confrontées à une importante faille juridique : le droit canonique et les commissions spécialisées se concentrent principalement sur les mineurs et les adultes vulnérables, laissant ces femmes en dehors du champ de protection. En pratique, cela signifie que lorsqu'une victime est une adulte ayant reçu une formation religieuse, on présume qu'elle est capable de se défendre ou qu'elle a consenti 🡵. Le motu proprio « Vos estis lux mundi » utilise lui-aussi cette grille de lecture restrictive 🡵. Toutefois, cette situation a commencé a évoluer ces dernières années.
En France
C'est le documentaire d'Arte Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Église qui a provoqué une prise de conscience en 2018.
A l'échelle internationale
- 2020 Publication d'un important dossier dans Donne, Chiesa, Mondo (« Femmes, Église, Monde »), le supplément mensuel féminin de L'Osservatore Romano 🡵
- 2022 Publication d'une étude coordonnée par Sœur María Rosaura González Casas, alors coordinatrice de la Commission pour la protection des mineurs et des personnes vulnérables de la Confédération latino-américaine et caribéenne des religieux. Basée sur une enquête menée auprès de 1 417 religieuses, l'étude révèle que 19,8 % d'entre elles ont déclaré avoir subi des abus sexuels, tandis que plus de la moitié ont indiqué avoir été victimes d'abus de pouvoir de la part de supérieures, de prêtres, de formateurs ou d'évêques. En outre, 14,3 % des répondantes ont affirmé avoir été harcelées par un prêtre, 9,7 % par des laïcs et 8 % par d'autres religieuses 🡵
- 2026
- Conférence internationale sur la sauvegarde, à l'Université pontificale grégorienne de Rome 🡵
- La Commission pontificale pour la protection des mineurs organise sa deuxième Rencontre annuelle sur la prévention des abus envers des religieuses 🡵