Saint-François-Xavier, à Ustaritz

Deux plaintes

Une première plainte pour viol et violences a même été déposée en février au parquet de Pau par un ancien élève, qui a fréquenté par la suite Bétharram. Les faits remontent à 1983. Une deuxième pour attouchements sexuels devrait bientôt suivre. Scolarisé de 1977 à 1979, Renaud Fabier dit en effet avoir subi à Ustaritz des attouchements de la part d’un ecclésiastique, à l’âge de 12 ans.

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Témoignages

Le représentant des victimes de Saint-François-Xavier d’Ustaritz a témoigné ce jeudi 20 mars lors de la commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires. « Tout le monde savait au Pays basque », a expliqué Gilles Parent, brandissant un gant blanc « en hommage aux victimes » 🡵.

« On avait notamment un surveillant champion de France de pelote à mains nues, se remémore-t-il. Quand il s’entraînait avec sa balle, il cognait fort, et sa main doublait de volume. Un jour, juste après l’un de ses entraînements, nous étions en salle d’études, et j’avais fait une petite bêtise, je ne sais plus quoi, il m’a appelé, et il m’a mis une grande baffe dans la tête, j’ai reculé de trois mètres et je suis tombé par terre. C’est comme s’il m’avait frappé avec une pala [raquette en bois]. Voilà, quand je suis entré à Ustaritz, de suite j’ai senti ce climat de violence, et j’ai compris ce que serait mon avenir. »

La violence « venait aussi des enseignants », poursuit Gilles, « essentiellement des religieux ». Il y avait ainsi le supplice de la règle en bois, sur laquelle il fallait rester à genoux jusqu’à connaître sa leçon d’histoire par cœur. « C’était très douloureux. » Le sexagénaire se souvient aussi d’un laïc. « On le surnommait " Mandibule « , parce que, quand il était énervé, il serrait les mâchoires, ça gonflait sur un côté… Quand on voyait ça, on savait qu’il allait nous frapper. Et il nous frappait pour rien. Juste parce qu’on tournait la tête pour voir ce qu’il se passait derrière… » Cela a duré ainsi « jusqu’en 3e ». « Ils nous frappaient tout le temps. D’autant plus que j’étais interne : en étant là plus longtemps, on était davantage exposé. »

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Lettre ouverte de Mme LOPEPE, chef d’établissement du collège Saint François Xavier

Lettre ouverte
Mercredi 26 février 2025
MAJ le 21/03/2025

Les articles récemment parus dans la presse évoquent notre établissement dans le cadre d’accusations de violences physiques, sexuelles et psychologiques subies par d’anciens élèves des années 1960 à 2000. Ces révélations suscitent une émotion légitime et interrogent chacun d’entre nous.

Je souhaite avant tout rappeler que ces faits révolus, sur lesquels la lumière doit être faite, concernent une période lointaine. Notre établissement a évolué depuis, avec des pratiques éducatives qui ont profondément changé. Cependant, le passé nous oblige. Il ne peut être ignoré ni minimisé, car les résonances de ces drames sur les vies humaines ne connaissent pas de prescription.

Nous condamnons sans réserve toute forme de violence, qu’elle soit physique, psychologique ou sexuelle, et en particulier lorsqu’elle est perpétrée dans un lieu qui aurait dû être un espace de confiance et de construction. Ces actes sont inacceptables et contraires aux valeurs que nous défendons. A la justice de suivre son cours et à nous d’offrir un cadre dans lequel la parole des victimes puisse être entendue avec respect et considération.

Prendre le temps d’écouter ces témoignages, c’est déjà refuser l’oubli. C’est reconnaître la souffrance de ceux qui ont été blessés, mais aussi contribuer à bâtir une société où les violences ne trouvent plus de terrain fertile, notamment dans des contextes de vulnérabilité ou d’emprise. Le passé oblige notre présent.

Ces révélations, bien qu’anciennes, nous rappellent l’exigence absolue qui doit être la nôtre en matière de protection des jeunes. L’Enseignement catholique, auquel notre établissement contribue pleinement, porte un projet fondé sur une conviction essentielle : chaque vie humaine est précieuse. « Tu as du prix à mes yeux. » Ce regard profondément espérant bannit de fait toute forme de violence et impose une posture éducative exigeante.

Nous ne pouvons participer à l’unification de la personne – à son éducation intégrale – sans nous appuyer sur la Parole : l’Évangile, qui est notre source, mais aussi le projet de l’Enseignement catholique, notre projet d’établissement et notre projet pastoral. Cela signifie donner des signes concrets de cette parole, par notre exemplarité, par un cadre de sécurité inébranlable pour nos jeunes et par un travail sans relâche pour assurer leur bien-être.

Depuis de nombreuses années, nous avons renforcé nos dispositifs de prévention et de protection. Aujourd’hui, nous veillons à ce que chaque enfant puisse grandir dans un environnement sûr, où il se sait respecté, écouté et protégé. Nous poursuivrons avec détermination la formation des adultes à la vigilance, à la prévention des abus et à la lutte contre toute forme d’emprise.

Aujourd’hui, nous ne savons pas encore si ces violences étaient systémiques ou limitées à des actes isolés, mais nous prendrons le temps d’écouter, de comprendre et d’agir. Car nous avons une responsabilité collective : celle de faire en sorte que plus jamais de telles situations ne puissent se produire.

Nous devons faire de cette épreuve un point d’ancrage pour une vigilance accrue. La confiance ne se décrète pas, elle se construit. C’est pourquoi nous nous engageons à porter un projet éducatif exigeant, qui fait de la dignité de chaque enfant sa priorité absolue.

Nous invitons toute personne souhaitant échanger, témoigner ou poser des questions à nous contacter à l’adresse suivante : secretariat@sfxustaritz.fr. Afin que nous puissions vous répondre et vous accompagner au mieux, merci d’indiquer vos coordonnées complètes (nom, prénom, numéro de téléphone).

Avec confiance et engagement,

Mme LOPEPE, chef d’établissement

Collège Saint François Xavier

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