Protection des enfants : le système actuel est dysfonctionnel

Tribune de membres de la Ciivise

Pour qu’il y ait une victime, il faut un agresseur. Pour qu’il y en ait des centaines, il faut le silence de ceux qui ont vu, qui ont su, mais qui n’ont rien fait pour empêcher les crimes.

Il ne s’agit ni de faits divers, ni d’histoires privées mais d’un phénomène social, d’une réalité qui nous concerne tous. Cette réalité a déjà été précisément décrite dans les travaux de la Ciase en 2021, puis dans ceux de la Ciivise en 2023. Or tout se passe comme si on n’avait jamais fini de la découvrir, comme si notre société, après avoir connu un #MeTooInceste, avait détourné le regard.

[…]

Plus que des mots, nous avons besoin d’une législation plus protectrice, d’un système judiciaire plus réactif et bienveillant, d’une société qui apprend à ses enfants à reconnaître et à dénoncer les abus, d’une société qui écoute et accompagne. Chacun d’entre nous a un rôle à jouer pour instaurer une culture de la vigilance qui fait de la protection de nos enfants une priorité. Que la révélation de ces affaires pédocriminelles dont les récits sont insoutenables soit l’occasion non pas d’une indignation éphémère mais d’un sursaut collectif.

Ne détournons pas le regard une fois de plus. Pour les enfants, combattons le déni et agissons !

Tribune de Thierry Baubet, Maryse Le Men Régnier, Solène Podevin, membres de la Ciivise, publiée dans la Croix

Audition de Alain Esquerre devant des députés

S’il n’y a pas un Alain Esquerre qui se lève et qui hurle auprès de la presse et que c’est la presse qui va faire pression pour que ce surveillant soit suspendu, [rien ne se passe]. Ça en dit long sur les dysfonctionnements de l’État aujourd’hui. Parce que là, on parle [dans cette comission] de il y a 30 ou 40 ans. Mais aujourd’hui on a encore des choses à faire parce qu’il y a un trou dans la raquette. Les dispositifs d’alerte, ils ne marchent pas. La preuve, on en est à créer de pauvres pages Facebook ! C’est-à-dire que si il n’y a pas des citoyens qui prennent le taureau par les cornes, le système continue ; il est bien huilé ! Ça tout continue à tourner et le pas de vague, il est toujours là en 2025. Il ne faut pas faire de vagues. On protège l’institution.

LCP

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