Le témoignage d'un Martiniquais d'une soixantaine d'années

Le témoignage d’un Martiniquais d’une soixantaine d’années

Dans les années 70-71, j’ai subi des agressions sexuelles de la part d’un prêtre qui a exercé dans une paroisse du sud de la Martinique, une paroisse de Fort-de-France. Et ce prêtre, il était à la tête également d’une chorale très connue à l’époque de la Martinique

[…]

Je pensais qu’il y aurait eu d’autres victimes qui se seraient présentées, qui auraient dénoncé les faits parce que je suis sûr et certain, même après les enquêtes de la CIASE et de la gendarmerie, que je ne pouvais pas être le seul parce que le mode opératoire de cette personne relevait d’un procédé de prédateur sexuel.

RCI

La réaction du diocèse

Ce prélat, ordonné en 1963 et aujourd’hui à la retraite, a longtemps officié à la paroisse du François mais aussi à Monfort-Régale à Rivière-Pilote ainsi qu’à Fort-de-France. Il a également dirigé des chorales et fut l’un des pionniers de la promotion de la musique sacrée sur notre île.

Entendu en 2020 en Martinique par la CIASE, la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, la victime avait aussi écrit à l’archevêque Monseigneur David Macaire, à qui il avait transmis le compte-rendu de son audition. L’archevêque déclare dans un communiqué avoir reçu plusieurs fois la victime et fait le nécessaire auprès des autorités compétentes. Selon la procédure établie, les autorités ecclésiales ont immédiatement effectué un signalement au services du Procureur de la République.

Contacté par nos soins après la diffusion du témoignage, l’Église de Martinique a réagi par la voix du délégué de l’évêque à l’information. Le père Jean-Michel Monconthour souhaite que la vérité puisse être faite dans cette affaire :

« Je ne peux pas me substituer ni à l’appareil judiciaire civil, ni religieux. Puisqu’il y a quand même des procédures canoniques qui peuvent mener à une sanction canonique. Je ne peux pas m’ériger en juge de la situation. Je pense qu’il faudra que les personnes qui ont été victimes, puisque vous avez dit qu’il y avait peut être d’autres victimes, témoignent pour qu’on puisse arriver à une vérité autour de cette affaire. Parce qu’au fond, il s’agit de la question de la vérité ».

RCI