Notre-Dame de Bétharram : conférence de presse

Jeudi 13 mars, une conférence de presse au sujet de Bétharram réunissait Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, le père Laurent Bacho, ancien vicaire général des Pères de Bétharram et Vincent Destais, le directeur de l’enseignement catholique dans le diocèse. Arnaud Gallais, présent sur place, a également pris la parole en interpellant les trois orateurs.

Principaux axes argumentaires employés

Nous avons honte

Difficile de savoir ce que cela change, mais l’expression a été martelée durant toute la conférence de presse. Et comme le faisait remarquer Arnaud Gallais à Mgr Aillet, la honte pour 330 000 victimes, le mot est faible.

[Mgr Aillet] Je viens humblement et modestement au nom de l’Église qui a exprimé aussi sa honte à plusieurs reprises et je le refais aujourd’hui.

[Arnaud Gallais] Ce n’est pas la honte quand on a 330 000 victimes de pédocriminalité. Ce sont des crimes sans cadavre Monsieur.

à 3:20

Nous voulons écouter les victimes et les accompagner pour qu’elles aillent mieux

L’intention est louable, et prendre soin des victimes est une bonne chose. Mais par ailleurs, avec les faits actuels, une écoute qui ne déboucherait sur rien du côté de l’Église, de la congrégation et de l’enseignement catholique pourrait tenir de la manipulation pour silencier les victimes. On aurait donc aimé savoir ce que cette écoute avait déjà changé concrètement, puisque Mgr Aillet dit écouter des victimes de longue date.

De plus, l’écoute doit aller de pair avec la justice.

[Mgr Aillet] Monsieur, j’entends votre colère, j’entends votre souffrance. Elle ne m’est pas du tout indifférente. Je reparlerai sans doute de ces archives dont vous me posez encore la question, sur lesquelles je me suis déjà exprimé. Et je n’ai jamais rien caché. Je collabore avec la justice, j’écoute les victimes, je les reçois et j’essaie aussi de les accompagner dans leur reconnaissance et leur réparation. Donc je vous remercie d’exprimer votre colère parce qu’elle dit votre souffrance et…

[Arnaud Gallais] C’est pas de la souffrance Monsieur, c’est un message politique. Le message des victimes qui demandent en fait que justice soit faite !

à 1:42

[Mgr Aillet] Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est précisément les victimes, qui sont au cœur de nos démarches et de nos préoccupations. Ce n’est pas d’hier que personnellement je reçois des victimes d’abus sexuels, de prêtres qui malheureusement sont décédés et malheureusement pour lesquels la justice civile est prescrite. Mais pour moi, il s’agit de continuer à accompagner, soutenir. Je sais et j’ai pris conscience personnellement, en recevant les les victimes de manière assidue, fidèle, fréquente, j’ai pris conscience, comme beaucoup, beaucoup ont pris conscience depuis tous ces événements quand on a écouté des victimes d’abus sexuels dans l’église et bien du drame que ça représente dans la vie d’un enfant qui est en pleine formation et qui en plus avec la loi de l’omerta qui était généralisée dans l’église et aussi dans la société il y a plusieurs décennies et bien était étouffée souvent et rejaillit aujourd’hui grâce à la libération de la parole. Et donc on ne peut que se féliciter de cette libération de la parole qui a permis en effet à beaucoup de victimes d’entreprendre des chemins de reconnaissance d’abord, ce qui est le plus important, et de réparation et de reconstruction.

à 6:00

Quelques heures après la conférence de presse, Alain Esquerre s’est exprimé à ce sujet :

« Cela fait 18 mois que je porte ce combat avec mes camarades, anciens de Bétharram », rappelle Alain Esquerre. « Nous n’avons pas eu à ce jour un seul appel de Monseigneur Aillet, ni d’ailleurs du directeur diocésain. »

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L’omerta était partout, dans l’Église comme dans la société : c’est un problème sociétal

Sur cette thématique, Mgr Aillet en particulier a été extrêmement offensif. Comme pour diluer la responsabilité de l’Église dans un contexte…

[Mgr Aillet] Vous savez que l’Église n’est pas restée inactive quand même depuis 25 ans, on peut dire, car c’est à partir des années 2000 que les évêques ont pris conscience du drame de la pédophilie. En même temps, je pense que dans la société, on en prenait conscience. Car c’est d’une manière générale qu’on ne prenait pas conscience de l’aspect profondément destructeur de ces actes monstrueux commis sur des enfants. Quand il s’agit de clercs, il s’agit de prêtres, quand c’est de religieux, de laïcs engagés dans l’Église, évidemment, ça a pour nous un retentissement encore plus prégnant.

à 6:00

[Journaliste] On a du mal à comprendre comment, pendant tant d’années, l’Église ne s’était pas rendu compte qu’il avait un problème ?

[Mgr Aillet] Alors je pense. Je pense d’abord que ce n’est pas seulement l’Église comme vous le savez.

[Journaliste] Mais comme c’est vous aujourd’hui !

[Mgr Aillet] Oui, bien sûr, mais c’est dans un contexte général qui est un contexte social. Nous sommes insérés dans une société et donc forcément dans une culture. Cette loi de l’omerta, c’est vrai, que nous réprouvons aujourd’hui, que nous dénonçons, parce qu’on n’est plus dans cette loi de l’omerta comme je pense, vous le savez, par tout ce qui a été entrepris depuis pour libérer la parole aussi et pour, en fonction de l’évolution de la parole, être en transparence le plus possible dans toutes les démarches que nous faisons. Mais c’est vrai que l’Église, comme les autres corps institutionnels de la société dans laquelle nous étions, c’est une culture, ne s’est pas rendu compte de ça. Je pense qu’on ne prenait pas conscience de la gravité des choses. Vous vous rappelez sans doute que dans les années 70, un certain nombre d’intellectuels français signaient une pétition, on peut dire un manifeste, dans laquelle ils considéraient normal les relations des adultes (sexuelles) avec les enfants. Vous vous rappelez sans doute de ça, hein ? On l’a redit récemment, mais ça veut dire qu’il y avait un contexte dans la société qui ne se rendait pas compte des choses, outre les choses qu’on ne savait pas non plus, qui étaient occultes. Mais l’Église ne s’est pas rendu compte, c’est vrai, c’est dommage, je suis tout à fait d’accord avec vous. C’est encore plus une honte pour nous parce que c’est l’Église dont il s’agit aujourd’hui. Mais je pense, quand on a pris conscience du drame que ça représentait, je pense que la société en a pris conscience. Je pense que l’Église est peut-être la première institution à avoir pris les choses en main de manière aussi aussi forte, même si on a évolué en 25 ans jusqu’après le rapport de la CIASE.

[Arnaud Gallais] On ne vous a pas donné le choix, avec La parole libérée, vu le travail qui a été fait au niveau du cardinal Barbarin !

à 39:40

La « libération de la parole » a permis une prise de conscience de tous

L’expression « libération de la parole » a été largement employée durant la conférence de presse. Cette expression est fortement contestable pour plusieurs raisons.

[Mgr Aillet] Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est précisément les victimes, qui sont au cœur de nos démarches et de nos préoccupations. Ce n’est pas d’hier que personnellement je reçois des victimes d’abus sexuels, de prêtres qui malheureusement sont décédés et malheureusement pour lesquels la justice civile est prescrite. Mais pour moi, il s’agit de continuer à accompagner, soutenir. Je sais et j’ai pris conscience personnellement, en recevant les les victimes de manière assidue, fidèle, fréquente, j’ai pris conscience, comme beaucoup, beaucoup ont pris conscience depuis tous ces événements quand on a écouté des victimes d’abus sexuels dans l’église et bien du drame que ça représente dans la vie d’un enfant qui est en pleine formation et qui en plus avec la loi de l’omerta qui était généralisée dans l’église et aussi dans la société il y a plusieurs décennies et bien était étouffée souvent et rejaillit aujourd’hui grâce à la libération de la parole. Et donc on ne peut que se féliciter de cette libération de la parole qui a permis en effet à beaucoup de victimes d’entreprendre des chemins de reconnaissance d’abord, ce qui est le plus important, et de réparation et de reconstruction.

à 6:00

Nous n’avons pas rien fait, et nous poursuivons le travail

Pour une part, c’est tout à fait vrai. Mgr Aillet mentionne par exemple la cellule d’écoute diocésaine et les signalements au procureur de la république. Mais la vraie question est la suivante. Ce qui a été fait s’est-il attaqué aux causes profondes, aux structures de péché comme aurait dit Jean-Paul II ? Finalement, à problème systémique (le mot n’a jamais été prononcé dans cette conférence de presse), quelle réponse a été engagée ? Sans s’attaquer radicalement à cette question, tout n’est que mesure de façade. Et malheureusement, la question n’a pas été abordée frontalement par les trois intervenants.

[Mgr Aillet] Vous savez que l’Église n’est pas restée inactive quand même depuis 25 ans, on peut dire, car c’est à partir des années 2000 que les évêques ont pris conscience du drame de la pédophilie.

à 6:00

Quelques heures après la conférence de presse, Alain Esquerre s’est exprimé à ce sujet :

Mgr Marc Aillet a dénoncé « une loi d’omerta généralisée dans l’Église et la société » durant « des décennies » et a assuré que l’Église n’a pas été inactive. « Si elle avait été active, elle aurait travaillé avec les victimes depuis plusieurs décennies. Ça n’a pas été le cas », répond Alain Esquerre. « Nous, on ne peut pas être satisfait de ses prises de parole. Elles sont trop tardives. C’est parce que les autorités sont acculées qu’il y a cette prise de conscience. »

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Nous découvrons les faits

Certes, cet argument n’a pas été développé par Mgr Aillet… mais il a été employé par les deux autres intervenants. Y compris par l’ancien vicaire général des Pères de Bétharram.

[Vincent Destais] Je vous confirme que nous découvrons ces informations dans la presse. […] Nous découvrons les faits.

à 11:10

[Père Laurent Bacho] Bonjour. Donc pour ce qui est de Bétharram, effectivement nous sommes devant des faits massifs et ce qui vient d’être dit sur la honte, la colère, la congrégation partage ses sentiments parce que nous avons vécu avec ces frères-là et jamais nous ne nous doutions de de ce qui s’est passé.

à 18:32

[Père Laurent Bacho] Nous sommes stupéfaits de ces faits massifs qui ont lieu à Betham. Nous ne comprenons pas comment il y a pu y avoir ces faits massifs. Et donc cette commission indépendante sera aussi chargée d’étudier les causes. Pourquoi tout ça, ça s’est passé ? parce que nous mêmes, nous sommes abasourdis. Nous ne comprenons pas.

[Arnaud Gallais] [début difficilement audible] Tous les gens du coin savent qu’à Bétharram, c’était comme ça. Tous les enfants en parlent. J’ai vu une dame hier qui avait 70 ans. C’est du mensonge que vous faites là, en fait ! C’est facile de dire ça. Vous continuez à mentir, tout le monde savait. Tout le monde savait à Bétharram qu’on martyrisait les enfants. Tout le monde savait ! Même les enfants entre eux ; il y a même des enfants qui avaient des oreilles arrachées, des choses comme ça. Vous savez, Monsieur, arrêtez de mentir, franchement, c’est trop facile ça ! Vous découvrez […] Tout le monde savait en fait qu’on massacrait des mômes, qu’on il y avait des actes de torture et de barbarie, etc. Arrêtez de mentir. Vous découvrez vous aussi… Mais c’est la honte de dire ça franchement ! mais vous êtes un homme d’église, vous, vous êtes un homme d’église ! Et c’est la honte de continuer de mentir comme ça. C’est la honte ! Ayez un soupçon d’humanité, pas de mensonge monsieur.

à 26:17

L’exhumation du corps du père Carricart à l’origine de l’aveuglement à Bétharram

Une justification pour le moins inattendue… qui sera d’ailleurs de nouveau évoquée quelques jours plus tard dans un entretien avec le journal La Croix.

[Père Laurent Bacho] Il y a eu un aveuglement dans notre congrégation et c’est maintenant que que nous prenons conscience d’un aveuglement. Qu’est ce qui a produit notre aveuglement ? Un fait qui a été très grave aussi : l’exhumation du corps du directeur [Carricart]. Et si vous voulez dans notre culture, on a été atteint profondément. Toute la congrégation. Donc cette exhumation qui a été demandée par le juge de l’époque parce qu’il paraît qu’il y avait une différence de trois centimètres. Bon. Mais je ne dis pas que nous avons eu raison, mais nous avons été aveuglés par cette exhumation. Et maintenant, bien sûr, nous regrettons immensément cet aveuglement que nous avons eu.

à 47:24

Autres remarques

Ce qui va être mis en place doit être annoncé samedi… mais n’est pas encore précisément décidé !

[Journaliste] Qu’est ce que vous allez mettre en place ? Concrètement, pour que ça ne se reproduise pas, pour que des faits ne se reproduisent plus comme ça s’est produit à Bétharram aussi bien pour des religieux que pour des laïcs ?

[Père Laurent Bacho] Donc toutes ces précisions sont en train d’être peaufinées, pourrait-on dire, et ça va être proclamé lors du forum de samedi à l’université de Bayonne. Donc nous sommes en fin d’éclaircissement pour concrétiser tout cela.

à 51:49

A propos des archives

Un grand vaudeville, avec Mgr Aillet qui souffle à voix basse des « non » au père Laurent Bacho, à qui il tente également de prendre le micro des mains. A regarder sur l’enregistrement de BFM à 54:35.

[Journaliste] Est-ce que vous êtes prêts à nous donner dès maintenant, ou au plus vite en tous cas, la liste des prêtres qui sont passés par tel ou tel établissement ? ça peut aller très vite il me semble, que vous nous communiquiez dès maintenant la liste des prêtres qui depuis les années 80 sont passées dans les établissements de Bétharram, de Garaison, de [inaudible] ou de [inaudible] ce qui nous faciliterait le travail sans jeter l’opprobre sur l’un ou l’autre mais qui ne permettrait de travailler.

[Mgr Aillet] Alors ça je pense que c’est vous qui pouvez répondre ça.

[Père Laurent Bacho] Oui, donc pour ce qui concerne ce cas, la gendarmerie a demandé cela et nous lui avons fourni toutes ces listes.

[Journaliste] Est-ce que vous seriez prêt à faire la même chose avec la presse ?

[Mgr Aillet] [à voix basse] Non.

[Père Laurent Bacho] Mais je pense que c’est pour l’instant c’est au niveau du juge

[Mgr Aillet] ça relève du

[Père Laurent Bacho] Non je pense et… [Mgr Aillet tente de lui prendre le micro] Excusez-moi. Et oui, je voulais dire que ça a été fait, que ça a été fait et toutes les listes ont été données et le père Jean-Marie Ruspil a fourni aussi toutes les photos, tout ça, à la gendarmerie?

[Journaliste] [Inaudible, il réitère sa demande en incluant cette fois-ci le diocèse]

[Mgr Aillet] [à voix basse] Non.

[Père Laurent Bacho] Je pense que pour l’instant l’affaire est… Nous n’avons pas les conclusions sur le plan judiciaire, donc nous ne voulons pas faire ça. Par contre…

[Journaliste] Donc la réponse est non !

[Père Laurent Bacho] Oui, pour l’instant oui. Et ensuite, la commission indépendante aura accès à ces archives. Et nos archives sont très restreintes à Bétharram parce que nous n’avons depuis les années 75, nous n’avons pas eu du tout la culture des archives dans notre congrégation, mais il y a quand même des archives intéressantes à la Via Brunetti à notre maison généralisse à Rome […].

[Journaliste] Monseigneur, même question.

[Mgr Aillet] L’obligation de donner les archives relève de la justice. Donc c’est une question de compétence. Il n’y a aucune raison que qu’on donne des archives à la presse.

[Journaliste] Je ne parle pas d’obligation, mais de relation de confiance, car il me semble que la presse a eu un rôle à jouer dans la révélation, et a encore un rôle à jouer

[Mgr Aillet] Oui, sauf que je me permets de vous rappeler qu’il y a un règlement général de protection des données personnelles auquel nous sommes tenus par la loi et et donc pour pour sauvegarder les données personnelles des prêtres qui ne sont pas d’ailleurs concernés par des questions de pédocriminalité, et bien on ne peut pas donner ces archives à de tierces personnes, sauf avec l’autorisation des personnes.

[Journaliste] Il existe aussi ce qui s’appelle la protection des sources et ce qui fait que l’on est tout à fait apte à travailler [transcription approximative].

[Mgr Aillet] Je vous redis que d’après le droit, ce n’est pas possible.

[court débat difficilement audible]

[Mgr Aillet] ça m’est arrivé de les donner à des autorités judiciaires concernant des prêtres qui ont été mis en cause. Mais je ne donnerai pas la presse, non.

à 54:35

A propos des sanctions

Curieusement, on a l’impression que les sanctions sont de la responsabilité des autres. Pour Vincent Destais, « il faut que la justice soit saisie ». Pour Mgr Aillet, on signale au dicastère pour la doctrine de la foi, et on fait ce qu’il nous dit de faire. Dans tous les cas, on ne sent pas de motivation forte pour que les coupables soient sanctionnés.

L’exigence de vérité

Si Mgr Aillet a beaucoup parlé de « prise de conscience » des évêques, Vincent Destais, directeur de l’enseignement catholique dans le diocèse, a été le seul à insister sur la vérité.

[Vincent Destais] Il faut que la vérité, la parole se libère. Il faut que la vérité soit faite. Il faut que la justice soit saisie, quelle que soit l’antériorité des faits, c’est pas notre sujet. Il faut que la vérité soit faite. C’est douloureux pour nous. On ne va pas le cacher, mais c’est encore plus douloureux pour les victimes. […] Que la lumière soit faite véritablement.

à 12:25

Bétharram : une congrégation internationale

A écouter le père Laurent Bacho, on pouvait avoir l’impression que la congrégation n’était auprès des jeunes qu’à Bétharram (et un peu à Limoges) alors que c’est une congrégation missionnaire qui est au contact des jeunes bien au-delà de la France.

[Père Laurent Bacho] Voilà ce que je peux dire en quelques mots par rapport à la situation qui est à Bétharram et l’engagement de toute la congrégation sur ce plan là.

à 37:10

Au sujet du père Lamasse

Mgr Aillet, tout en rappelant bien qu’il n’est « pas responsable directement de la congrégation de Bétharram » expose le statut du père Lamasse devant le père Laurent Bacho, ancien vicaire général des Pères de Bétharram, qui représente la congrégation de Bétharram… Difficile de comprendre qui est responsable de qui.

[Mgr Aillet] Il n’y a pas encore de condamnation du tribunal canonique. Il faut rappeler que quand Jean-Marie Delbos s’est ouvert de cette plainte contre le père Lamasse qui était à ce moment-là à Bethléem, j’ai été saisi par Jean-Marie Delbos, même si je ne suis pas responsable directement de la congrégation de Bétharram. Mais j’ai pris contact avec les supérieurs de la congrégation pour qu’il y ait une enquête canonique qui soit faite, sachant que malheureusement, c’était prescrit au tribunal de Limoges. Et donc, il y a une enquête canonique qui a été faite auprès du père Lamasse et qui a été rendue après le signalement à la congrégation pour la doctrine de la foi, qui au vu de la prescription juridique civile a parlé de prescription canonique et a demandé simplement qu’il n’ait plus aucun ministère. Et donc j’ai été témoin de cette rencontre avec le supérieur général des bétharramites qui était le premier concerné évidemment, le 31 octobre 2017, et je suis témoin de cette rencontre où le père Gustavo qui est le supérieur général des pères de Bétharram a demandé pardon pour les blessures qui étaient si longues à cicatriser, c’est évident, et qui s’est engagé à ce qu’il n’y ait plus aucun ministère qui lui soit donné. Mais il a même dit qu’il serait obligé, vu l’âge et la maladie du père Lamasse, de le ramener dans l’une de leurs maisons de retraite. Il se trouve qu’ils n’ont qu’une maison de retraite, c’est Bétharram.

Alors il y a du nouveau en effet, vous avez raison de le signaler, on va aller jusque là. Il y a du nouveau dans la mesure où le père Lamasse a été mis il y a quelques semaines en garde à vue et il a reconnu un acte, une agression sexuelle vis-à-vis de sa victime. A partir de ce moment-là, je pense que les bétharramites, comme je leur ai signalé, mais ils avaient déjà évidemment eu le réflexe, ils ont repris contact avec le dicastère pour la doctrine de la foi qui est chargé de ces délits plus graves. Et parce qu’il y a du nouveau, parce qu’il y a un aveu, ils ont pris des mesures conservatoires comme on dit en droit canonique pour empêcher tout ministère, tout contact avec les enfants, tout ministère au père Lamasse qui ne peut plus dire la messe publiquement, par mesure conservatoire et ils ont un nouveau signalement fait au dicastère pour la doctrine de la foi qui doit maintenant donner son verdict, c’est à dire une sanction canonique. Et c’est en attente pour l’instant.

à 31:32

Quelques heures après la conférence de presse, Alain Esquerre s’est exprimé à ce sujet :

L’évêque de Bayonne a également annoncé que le prêtre de 94 ans, Henri Lamasse, qui a reconnu un fait prescrit d’agression sexuelle, s’était vu interdire de dire la messe. « C’est lunaire », dénonce le porte-parole du collectif de Bétharram qui ne se satisfait pas non plus de cette annonce. « Sur le blog de Bétharram, l’an dernier, ce père était mis en avant. Il illustrait un article sur la vie exemplaire des Pères de Bétharram. Vous vous rendez compte? » Il y voit « une honte pour toute la communauté bétharramite d’avoir dans son sein ce type de personnage ».

France Info

Le mot de la fin

En toute fin de la conférence de presse, le père Laurent Bacho a ce mot qui pourra être reçu douloureusement par des victimes.

[Père Laurent Bacho] Mais qu’est ce que vous voulez hein ? Même si mon frère est criminel, il reste mon frère.

à 1:17:32

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