Notre-Dame de Bétharram : conférence de presse
- https://x.com/BFMTV/status/1900111672825479326
- https://www.francetvinfo.fr/societe/education/affaire-de-violences-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram/affaire-betharram-stop-a-l-hypocrisie-s-insurge-le-porte-parole-des-victimes-apres-les-declarations-de-l-eveque-de-bayonne_7127808.html
- https://www.larepubliquedespyrenees.fr/faits-divers/affaire-betharram/betharram-la-commission-d-enquete-devra-apporter-une-reparation-a-toutes-les-victimes-23653423.php
- https://www.la-croix.com/religion/affaire-betharram-notre-silence-a-ete-interprete-comme-du-mepris-pour-les-victimes-20250315
- https://x.com/i/web/status/1900111672825479326
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— BFMTV (@BFMTV) March 13, 2025
Jeudi 13 mars, une conférence de presse au sujet de Bétharram réunissait Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, le père Laurent Bacho, ancien vicaire général des Pères de Bétharram et Vincent Destais, le directeur de l’enseignement catholique dans le diocèse. Arnaud Gallais, présent sur place, a également pris la parole en interpellant les trois orateurs.
Principaux axes argumentaires employés
Nous avons honte
Difficile de savoir ce que cela change, mais l’expression a été martelée durant toute la conférence de presse. Et comme le faisait remarquer Arnaud Gallais à Mgr Aillet, la honte pour 330 000 victimes, le mot est faible.
[Mgr Aillet] Je viens humblement et modestement au nom de l’Église qui a exprimé aussi sa honte à plusieurs reprises et je le refais aujourd’hui.
[Arnaud Gallais] Ce n’est pas la honte quand on a 330 000 victimes de pédocriminalité. Ce sont des crimes sans cadavre Monsieur.
— à 3:20
Nous voulons écouter les victimes et les accompagner pour qu’elles aillent mieux
L’intention est louable, et prendre soin des victimes est une bonne chose. Mais par ailleurs, avec les faits actuels, une écoute qui ne déboucherait sur rien du côté de l’Église, de la congrégation et de l’enseignement catholique pourrait tenir de la manipulation pour silencier les victimes. On aurait donc aimé savoir ce que cette écoute avait déjà changé concrètement, puisque Mgr Aillet dit écouter des victimes de longue date.
De plus, l’écoute doit aller de pair avec la justice.
[Mgr Aillet] Monsieur, j’entends votre colère, j’entends votre souffrance. Elle ne m’est pas du tout indifférente. Je reparlerai sans doute de ces archives dont vous me posez encore la question, sur lesquelles je me suis déjà exprimé. Et je n’ai jamais rien caché. Je collabore avec la justice, j’écoute les victimes, je les reçois et j’essaie aussi de les accompagner dans leur reconnaissance et leur réparation. Donc je vous remercie d’exprimer votre colère parce qu’elle dit votre souffrance et…
[Arnaud Gallais] C’est pas de la souffrance Monsieur, c’est un message politique. Le message des victimes qui demandent en fait que justice soit faite !
— à 1:42
[Mgr Aillet] Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est précisément les victimes, qui sont au cœur de nos démarches et de nos préoccupations. Ce n’est pas d’hier que personnellement je reçois des victimes d’abus sexuels, de prêtres qui malheureusement sont décédés et malheureusement pour lesquels la justice civile est prescrite. Mais pour moi, il s’agit de continuer à accompagner, soutenir. Je sais et j’ai pris conscience personnellement, en recevant les les victimes de manière assidue, fidèle, fréquente, j’ai pris conscience, comme beaucoup, beaucoup ont pris conscience depuis tous ces événements quand on a écouté des victimes d’abus sexuels dans l’église et bien du drame que ça représente dans la vie d’un enfant qui est en pleine formation et qui en plus avec la loi de l’omerta qui était généralisée dans l’église et aussi dans la société il y a plusieurs décennies et bien était étouffée souvent et rejaillit aujourd’hui grâce à la libération de la parole. Et donc on ne peut que se féliciter de cette libération de la parole qui a permis en effet à beaucoup de victimes d’entreprendre des chemins de reconnaissance d’abord, ce qui est le plus important, et de réparation et de reconstruction.
— à 6:00
Quelques heures après la conférence de presse, Alain Esquerre s’est exprimé à ce sujet :
« Cela fait 18 mois que je porte ce combat avec mes camarades, anciens de Bétharram », rappelle Alain Esquerre. « Nous n’avons pas eu à ce jour un seul appel de Monseigneur Aillet, ni d’ailleurs du directeur diocésain. »
L’omerta était partout, dans l’Église comme dans la société : c’est un problème sociétal
Sur cette thématique, Mgr Aillet en particulier a été extrêmement offensif. Comme pour diluer la responsabilité de l’Église dans un contexte…
[Mgr Aillet] Vous savez que l’Église n’est pas restée inactive quand même depuis 25 ans, on peut dire, car c’est à partir des années 2000 que les évêques ont pris conscience du drame de la pédophilie. En même temps, je pense que dans la société, on en prenait conscience. Car c’est d’une manière générale qu’on ne prenait pas conscience de l’aspect profondément destructeur de ces actes monstrueux commis sur des enfants. Quand il s’agit de clercs, il s’agit de prêtres, quand c’est de religieux, de laïcs engagés dans l’Église, évidemment, ça a pour nous un retentissement encore plus prégnant.
— à 6:00
[Journaliste] On a du mal à comprendre comment, pendant tant d’années, l’Église ne s’était pas rendu compte qu’il avait un problème ?
[Mgr Aillet] Alors je pense. Je pense d’abord que ce n’est pas seulement l’Église comme vous le savez.
[Journaliste] Mais comme c’est vous aujourd’hui !
[Mgr Aillet] Oui, bien sûr, mais c’est dans un contexte général qui est un contexte social. Nous sommes insérés dans une société et donc forcément dans une culture. Cette loi de l’omerta, c’est vrai, que nous réprouvons aujourd’hui, que nous dénonçons, parce qu’on n’est plus dans cette loi de l’omerta comme je pense, vous le savez, par tout ce qui a été entrepris depuis pour libérer la parole aussi et pour, en fonction de l’évolution de la parole, être en transparence le plus possible dans toutes les démarches que nous faisons. Mais c’est vrai que l’Église, comme les autres corps institutionnels de la société dans laquelle nous étions, c’est une culture, ne s’est pas rendu compte de ça. Je pense qu’on ne prenait pas conscience de la gravité des choses. Vous vous rappelez sans doute que dans les années 70, un certain nombre d’intellectuels français signaient une pétition, on peut dire un manifeste, dans laquelle ils considéraient normal les relations des adultes (sexuelles) avec les enfants. Vous vous rappelez sans doute de ça, hein ? On l’a redit récemment, mais ça veut dire qu’il y avait un contexte dans la société qui ne se rendait pas compte des choses, outre les choses qu’on ne savait pas non plus, qui étaient occultes. Mais l’Église ne s’est pas rendu compte, c’est vrai, c’est dommage, je suis tout à fait d’accord avec vous. C’est encore plus une honte pour nous parce que c’est l’Église dont il s’agit aujourd’hui. Mais je pense, quand on a pris conscience du drame que ça représentait, je pense que la société en a pris conscience. Je pense que l’Église est peut-être la première institution à avoir pris les choses en main de manière aussi aussi forte, même si on a évolué en 25 ans jusqu’après le rapport de la CIASE.
[Arnaud Gallais] On ne vous a pas donné le choix, avec La parole libérée, vu le travail qui a été fait au niveau du cardinal Barbarin !
— à 39:40
La « libération de la parole » a permis une prise de conscience de tous
L’expression « libération de la parole » a été largement employée durant la conférence de presse. Cette expression est fortement contestable pour plusieurs raisons.
- Tout d’abord, des victimes ont parlé de longue date ; il faudrait donc parler de la prise en compte de la parole plutôt que de sa libération.
- De plus, et ce n’est pas anodin, les intervenants parlent volontiers de la « libération de la parole », mais sans mentionner de qui. Des victimes, bien entendu. Mais pourquoi rester abstrait avec un concept (« libération de la parole ») alors que c’est de quelque chose de très concret dont on parle : la parole des victimes.
- Cet argument est avancé sans mentionner le rôle de la presse et la pression qu’il a été nécessaire de mettre sur l’Église. A écouter les intervenants on pourrait avoir l’impression qu’un beau jour, des victimes sont venues. Bien entendu, elles ont été écoutées et cela a tout changé. L’histoire est bien entendu extrêmement différente, comme l’a d’ailleurs rappelé un journaliste lors des questions. Et d’ailleurs, deux jours plus tard, Jean-Pierre Massias, président de l’IFJD Louis Joinet chargé de la commission d’enquête indépendante salura « la protestation, qui était le fondement dans cette affaire. Sans cela nous ne serions pas là » 🡵.
- Enfin, même si ce n’est peut être pas l’intention des orateurs, il ne faudrait pas que la « libération de la parole » puisse être perçue comme un devoir des victimes. En aucun cas, cela ne saurait être une obligation pour elles. Et certaines en sont tout simplement incapables, suite au traumatisme subi. Et surtout, ces prises de parole des victimes ne doivent pas faire oublier que c’est l’institution qui doit avoir le souci de protéger chacun dès le début, sans attendre d’en être obligé par la « libération de la parole ».
[Mgr Aillet] Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est précisément les victimes, qui sont au cœur de nos démarches et de nos préoccupations. Ce n’est pas d’hier que personnellement je reçois des victimes d’abus sexuels, de prêtres qui malheureusement sont décédés et malheureusement pour lesquels la justice civile est prescrite. Mais pour moi, il s’agit de continuer à accompagner, soutenir. Je sais et j’ai pris conscience personnellement, en recevant les les victimes de manière assidue, fidèle, fréquente, j’ai pris conscience, comme beaucoup, beaucoup ont pris conscience depuis tous ces événements quand on a écouté des victimes d’abus sexuels dans l’église et bien du drame que ça représente dans la vie d’un enfant qui est en pleine formation et qui en plus avec la loi de l’omerta qui était généralisée dans l’église et aussi dans la société il y a plusieurs décennies et bien était étouffée souvent et rejaillit aujourd’hui grâce à la libération de la parole. Et donc on ne peut que se féliciter de cette libération de la parole qui a permis en effet à beaucoup de victimes d’entreprendre des chemins de reconnaissance d’abord, ce qui est le plus important, et de réparation et de reconstruction.
— à 6:00
Nous n’avons pas rien fait, et nous poursuivons le travail
Pour une part, c’est tout à fait vrai. Mgr Aillet mentionne par exemple la cellule d’écoute diocésaine et les signalements au procureur de la république. Mais la vraie question est la suivante. Ce qui a été fait s’est-il attaqué aux causes profondes, aux structures de péché comme aurait dit Jean-Paul II ? Finalement, à problème systémique (le mot n’a jamais été prononcé dans cette conférence de presse), quelle réponse a été engagée ? Sans s’attaquer radicalement à cette question, tout n’est que mesure de façade. Et malheureusement, la question n’a pas été abordée frontalement par les trois intervenants.
[Mgr Aillet] Vous savez que l’Église n’est pas restée inactive quand même depuis 25 ans, on peut dire, car c’est à partir des années 2000 que les évêques ont pris conscience du drame de la pédophilie.
— à 6:00
Quelques heures après la conférence de presse, Alain Esquerre s’est exprimé à ce sujet :
Mgr Marc Aillet a dénoncé « une loi d’omerta généralisée dans l’Église et la société » durant « des décennies » et a assuré que l’Église n’a pas été inactive. « Si elle avait été active, elle aurait travaillé avec les victimes depuis plusieurs décennies. Ça n’a pas été le cas », répond Alain Esquerre. « Nous, on ne peut pas être satisfait de ses prises de parole. Elles sont trop tardives. C’est parce que les autorités sont acculées qu’il y a cette prise de conscience. »
Nous découvrons les faits
Certes, cet argument n’a pas été développé par Mgr Aillet… mais il a été employé par les deux autres intervenants. Y compris par l’ancien vicaire général des Pères de Bétharram.
[Vincent Destais] Je vous confirme que nous découvrons ces informations dans la presse. […] Nous découvrons les faits.
— à 11:10
[Père Laurent Bacho] Bonjour. Donc pour ce qui est de Bétharram, effectivement nous sommes devant des faits massifs et ce qui vient d’être dit sur la honte, la colère, la congrégation partage ses sentiments parce que nous avons vécu avec ces frères-là et jamais nous ne nous doutions de de ce qui s’est passé.
— à 18:32
[Père Laurent Bacho] Nous sommes stupéfaits de ces faits massifs qui ont lieu à Betham. Nous ne comprenons pas comment il y a pu y avoir ces faits massifs. Et donc cette commission indépendante sera aussi chargée d’étudier les causes. Pourquoi tout ça, ça s’est passé ? parce que nous mêmes, nous sommes abasourdis. Nous ne comprenons pas.
[Arnaud Gallais] [début difficilement audible] Tous les gens du coin savent qu’à Bétharram, c’était comme ça. Tous les enfants en parlent. J’ai vu une dame hier qui avait 70 ans. C’est du mensonge que vous faites là, en fait ! C’est facile de dire ça. Vous continuez à mentir, tout le monde savait. Tout le monde savait à Bétharram qu’on martyrisait les enfants. Tout le monde savait ! Même les enfants entre eux ; il y a même des enfants qui avaient des oreilles arrachées, des choses comme ça. Vous savez, Monsieur, arrêtez de mentir, franchement, c’est trop facile ça ! Vous découvrez […] Tout le monde savait en fait qu’on massacrait des mômes, qu’on il y avait des actes de torture et de barbarie, etc. Arrêtez de mentir. Vous découvrez vous aussi… Mais c’est la honte de dire ça franchement ! mais vous êtes un homme d’église, vous, vous êtes un homme d’église ! Et c’est la honte de continuer de mentir comme ça. C’est la honte ! Ayez un soupçon d’humanité, pas de mensonge monsieur.
— à 26:17
L’exhumation du corps du père Carricart à l’origine de l’aveuglement à Bétharram
Une justification pour le moins inattendue… qui sera d’ailleurs de nouveau évoquée quelques jours plus tard dans un entretien avec le journal La Croix.
[Père Laurent Bacho] Il y a eu un aveuglement dans notre congrégation et c’est maintenant que que nous prenons conscience d’un aveuglement. Qu’est ce qui a produit notre aveuglement ? Un fait qui a été très grave aussi : l’exhumation du corps du directeur [Carricart]. Et si vous voulez dans notre culture, on a été atteint profondément. Toute la congrégation. Donc cette exhumation qui a été demandée par le juge de l’époque parce qu’il paraît qu’il y avait une différence de trois centimètres. Bon. Mais je ne dis pas que nous avons eu raison, mais nous avons été aveuglés par cette exhumation. Et maintenant, bien sûr, nous regrettons immensément cet aveuglement que nous avons eu.
— à 47:24
Autres remarques
Ce qui va être mis en place doit être annoncé samedi… mais n’est pas encore précisément décidé !
[Journaliste] Qu’est ce que vous allez mettre en place ? Concrètement, pour que ça ne se reproduise pas, pour que des faits ne se reproduisent plus comme ça s’est produit à Bétharram aussi bien pour des religieux que pour des laïcs ?
[Père Laurent Bacho] Donc toutes ces précisions sont en train d’être peaufinées, pourrait-on dire, et ça va être proclamé lors du forum de samedi à l’université de Bayonne. Donc nous sommes en fin d’éclaircissement pour concrétiser tout cela.
— à 51:49
A propos des archives
Un grand vaudeville, avec Mgr Aillet qui souffle à voix basse des « non » au père Laurent Bacho, à qui il tente également de prendre le micro des mains. A regarder sur l’enregistrement de BFM à 54:35.
[Journaliste] Est-ce que vous êtes prêts à nous donner dès maintenant, ou au plus vite en tous cas, la liste des prêtres qui sont passés par tel ou tel établissement ? ça peut aller très vite il me semble, que vous nous communiquiez dès maintenant la liste des prêtres qui depuis les années 80 sont passées dans les établissements de Bétharram, de Garaison, de [inaudible] ou de [inaudible] ce qui nous faciliterait le travail sans jeter l’opprobre sur l’un ou l’autre mais qui ne permettrait de travailler.
[Mgr Aillet] Alors ça je pense que c’est vous qui pouvez répondre ça.
[Père Laurent Bacho] Oui, donc pour ce qui concerne ce cas, la gendarmerie a demandé cela et nous lui avons fourni toutes ces listes.
[Journaliste] Est-ce que vous seriez prêt à faire la même chose avec la presse ?
[Mgr Aillet] [à voix basse] Non.
[Père Laurent Bacho] Mais je pense que c’est pour l’instant c’est au niveau du juge
[Mgr Aillet] ça relève du
[Père Laurent Bacho] Non je pense et… [Mgr Aillet tente de lui prendre le micro] Excusez-moi. Et oui, je voulais dire que ça a été fait, que ça a été fait et toutes les listes ont été données et le père Jean-Marie Ruspil a fourni aussi toutes les photos, tout ça, à la gendarmerie?
[Journaliste] [Inaudible, il réitère sa demande en incluant cette fois-ci le diocèse]
[Mgr Aillet] [à voix basse] Non.
[Père Laurent Bacho] Je pense que pour l’instant l’affaire est… Nous n’avons pas les conclusions sur le plan judiciaire, donc nous ne voulons pas faire ça. Par contre…
[Journaliste] Donc la réponse est non !
[Père Laurent Bacho] Oui, pour l’instant oui. Et ensuite, la commission indépendante aura accès à ces archives. Et nos archives sont très restreintes à Bétharram parce que nous n’avons depuis les années 75, nous n’avons pas eu du tout la culture des archives dans notre congrégation, mais il y a quand même des archives intéressantes à la Via Brunetti à notre maison généralisse à Rome […].
[Journaliste] Monseigneur, même question.
[Mgr Aillet] L’obligation de donner les archives relève de la justice. Donc c’est une question de compétence. Il n’y a aucune raison que qu’on donne des archives à la presse.
[Journaliste] Je ne parle pas d’obligation, mais de relation de confiance, car il me semble que la presse a eu un rôle à jouer dans la révélation, et a encore un rôle à jouer
[Mgr Aillet] Oui, sauf que je me permets de vous rappeler qu’il y a un règlement général de protection des données personnelles auquel nous sommes tenus par la loi et et donc pour pour sauvegarder les données personnelles des prêtres qui ne sont pas d’ailleurs concernés par des questions de pédocriminalité, et bien on ne peut pas donner ces archives à de tierces personnes, sauf avec l’autorisation des personnes.
[Journaliste] Il existe aussi ce qui s’appelle la protection des sources et ce qui fait que l’on est tout à fait apte à travailler [transcription approximative].
[Mgr Aillet] Je vous redis que d’après le droit, ce n’est pas possible.
[court débat difficilement audible]
[Mgr Aillet] ça m’est arrivé de les donner à des autorités judiciaires concernant des prêtres qui ont été mis en cause. Mais je ne donnerai pas la presse, non.
— à 54:35
A propos des sanctions
Curieusement, on a l’impression que les sanctions sont de la responsabilité des autres. Pour Vincent Destais, « il faut que la justice soit saisie ». Pour Mgr Aillet, on signale au dicastère pour la doctrine de la foi, et on fait ce qu’il nous dit de faire. Dans tous les cas, on ne sent pas de motivation forte pour que les coupables soient sanctionnés.
L’exigence de vérité
Si Mgr Aillet a beaucoup parlé de « prise de conscience » des évêques, Vincent Destais, directeur de l’enseignement catholique dans le diocèse, a été le seul à insister sur la vérité.
[Vincent Destais] Il faut que la vérité, la parole se libère. Il faut que la vérité soit faite. Il faut que la justice soit saisie, quelle que soit l’antériorité des faits, c’est pas notre sujet. Il faut que la vérité soit faite. C’est douloureux pour nous. On ne va pas le cacher, mais c’est encore plus douloureux pour les victimes. […] Que la lumière soit faite véritablement.
— à 12:25
Bétharram : une congrégation internationale
A écouter le père Laurent Bacho, on pouvait avoir l’impression que la congrégation n’était auprès des jeunes qu’à Bétharram (et un peu à Limoges) alors que c’est une congrégation missionnaire qui est au contact des jeunes bien au-delà de la France.
[Père Laurent Bacho] Voilà ce que je peux dire en quelques mots par rapport à la situation qui est à Bétharram et l’engagement de toute la congrégation sur ce plan là.
— à 37:10
Au sujet du père Lamasse
Mgr Aillet, tout en rappelant bien qu’il n’est « pas responsable directement de la congrégation de Bétharram » expose le statut du père Lamasse devant le père Laurent Bacho, ancien vicaire général des Pères de Bétharram, qui représente la congrégation de Bétharram… Difficile de comprendre qui est responsable de qui.
[Mgr Aillet] Il n’y a pas encore de condamnation du tribunal canonique. Il faut rappeler que quand Jean-Marie Delbos s’est ouvert de cette plainte contre le père Lamasse qui était à ce moment-là à Bethléem, j’ai été saisi par Jean-Marie Delbos, même si je ne suis pas responsable directement de la congrégation de Bétharram. Mais j’ai pris contact avec les supérieurs de la congrégation pour qu’il y ait une enquête canonique qui soit faite, sachant que malheureusement, c’était prescrit au tribunal de Limoges. Et donc, il y a une enquête canonique qui a été faite auprès du père Lamasse et qui a été rendue après le signalement à la congrégation pour la doctrine de la foi, qui au vu de la prescription juridique civile a parlé de prescription canonique et a demandé simplement qu’il n’ait plus aucun ministère. Et donc j’ai été témoin de cette rencontre avec le supérieur général des bétharramites qui était le premier concerné évidemment, le 31 octobre 2017, et je suis témoin de cette rencontre où le père Gustavo qui est le supérieur général des pères de Bétharram a demandé pardon pour les blessures qui étaient si longues à cicatriser, c’est évident, et qui s’est engagé à ce qu’il n’y ait plus aucun ministère qui lui soit donné. Mais il a même dit qu’il serait obligé, vu l’âge et la maladie du père Lamasse, de le ramener dans l’une de leurs maisons de retraite. Il se trouve qu’ils n’ont qu’une maison de retraite, c’est Bétharram.
Alors il y a du nouveau en effet, vous avez raison de le signaler, on va aller jusque là. Il y a du nouveau dans la mesure où le père Lamasse a été mis il y a quelques semaines en garde à vue et il a reconnu un acte, une agression sexuelle vis-à-vis de sa victime. A partir de ce moment-là, je pense que les bétharramites, comme je leur ai signalé, mais ils avaient déjà évidemment eu le réflexe, ils ont repris contact avec le dicastère pour la doctrine de la foi qui est chargé de ces délits plus graves. Et parce qu’il y a du nouveau, parce qu’il y a un aveu, ils ont pris des mesures conservatoires comme on dit en droit canonique pour empêcher tout ministère, tout contact avec les enfants, tout ministère au père Lamasse qui ne peut plus dire la messe publiquement, par mesure conservatoire et ils ont un nouveau signalement fait au dicastère pour la doctrine de la foi qui doit maintenant donner son verdict, c’est à dire une sanction canonique. Et c’est en attente pour l’instant.
— à 31:32
Quelques heures après la conférence de presse, Alain Esquerre s’est exprimé à ce sujet :
L’évêque de Bayonne a également annoncé que le prêtre de 94 ans, Henri Lamasse, qui a reconnu un fait prescrit d’agression sexuelle, s’était vu interdire de dire la messe. « C’est lunaire », dénonce le porte-parole du collectif de Bétharram qui ne se satisfait pas non plus de cette annonce. « Sur le blog de Bétharram, l’an dernier, ce père était mis en avant. Il illustrait un article sur la vie exemplaire des Pères de Bétharram. Vous vous rendez compte? » Il y voit « une honte pour toute la communauté bétharramite d’avoir dans son sein ce type de personnage ».
Le mot de la fin
En toute fin de la conférence de presse, le père Laurent Bacho a ce mot qui pourra être reçu douloureusement par des victimes.
[Père Laurent Bacho] Mais qu’est ce que vous voulez hein ? Même si mon frère est criminel, il reste mon frère.
Informations complémentaires
Notre-Dame de Bétharram
- https://www.facebook.com/groups/1694399824400108/
- https://www.mediapart.fr/journal/france/190225/des-1993-l-etat-ete-alerte-des-maltraitances-de-betharram
- https://www.liberation.fr/france-archive/1996/04/16/betharram-le-lycee-fier-de-ses-chatiments-la-plainte-d-un-parent-d-eleve-contrarie-cent-cinquante-an_168615/
- https://www.mediapart.fr/journal/france/140225/betharram-de-nouvelles-archives-de-l-affaire-de-1996-prouvent-l-implication-de-francois-bayrou
- https://www.mediapart.fr/journal/france/050225/viols-sur-mineurs-betharram-les-mensonges-de-bayrou-pour-defendre-une-institution-catholique
- https://www.bfmtv.com/police-justice/betharram-une-ancienne-enseignante-met-de-nouveau-en-cause-le-couple-bayrou_AN-202502210142.html
- https://riposte-catholique.fr/archives/199281
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/pau/pedocriminalite-ils-s-echangeaient-les-bons-plans-les-victimes-de-violences-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram-denoncent-un-reseau-bien-organise-2997113.html
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/pau/violences-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram-la-congregation-des-pretres-tend-la-main-aux-victimes-3028895.html
- https://www.la-croix.com/religion/plus-de-100-plaintes-deposees-pour-violences-physiques-et-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram-20240710
- https://www.francetvinfo.fr/france/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/pyrenees-atlantiques-40-nouvelles-plaintes-vont-etre-deposees-dans-l-affaire-des-violences-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram_6483134.html
- https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/02/01/dans-le-bearn-20-anciens-eleves-d-un-college-lycee-catholique-ont-porte-plainte-pour-des-violences-physiques-et-sexuelles_6214299_3224.html
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/pau/on-est-passe-d-une-affaire-regionale-a-un-scandale-national-un-an-apres-les-premieres-plaintes-pour-violences-sexuelles-a-betharram-l-impatience-des-victimes-3059317.html
- https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/pau/affaire-betharram-pres-de-120-plaintes-prescriptions-gardes-a-vue-ou-en-est-l-enquete-23226468.php
- https://www.liberation.fr/societe/religions/violences-physiques-et-sexuelles-dans-linstitution-notre-dame-de-betharram-plus-de-100-plaintes-deposees-20240709_LYI26ET755CUFGDHTRXI3NE57I/
- https://www.midilibre.fr/2024/07/29/jusqua-ne-plus-supporter-le-bruit-dune-chasse-deau-un-ancien-eleve-temoigne-des-viols-dans-les-toilettes-de-betharram-12110235.php
- https://www.mediapart.fr/journal/france/110225/viols-betharram-bayrou-menti-mediapart-publie-de-nouveaux-documents
- https://www.mediapart.fr/journal/france/120225/le-juge-saisi-des-viols-betharram-en-1998-j-ai-confirme-francois-bayrou-que-les-faits-etaient-patents-et-e
- https://www.lindependant.fr/2025/02/20/affaire-betharram-le-pere-henri-cheval-le-surveillant-patrick-m-qui-sont-les-trois-surveillants-mis-en-cause-pour-violences-physiques-et-sexuelles-12525738.php
- https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes/videos/affaire-betharram-rencontre-avec-63731310.html
- https://x.com/caissesdegreve/status/1892336332304728477
- https://www.la-croix.com/religion/qui-sont-les-peres-de-betharram-au-cour-d-un-vaste-scandale-de-violences-sexuelles-20250304
- https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/affaire-betharram-le-porte-parole-du-collectif-des-victimes-annonce-deposer-40-nouvelles-plaintes-2102400
- https://www.sudouest.fr/faits-divers/affaire-betharram/affaire-betharram-je-vais-deposer-40-plaintes-supplementaires-annonce-alain-esquerre-23405792.php
- https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/il-etait-soutane-ouverte-il-venait-sous-les-draps-le-temoignage-d-une-victime-d-abus-sexuels-a-betharram-8427801
- https://www.larepubliquedespyrenees.fr/faits-divers/justice/abuse-par-un-pretre-de-betharram-il-y-a-60-ans-il-veut-la-justice-5106900.php
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/pau/au-sein-de-cette-famille-dont-j-ai-fait-partie-il-y-a-eu-des-predateurs-ancien-pretre-a-betharram-il-denonce-le-silence-de-la-congregation-3112792.html
- https://www.humanite.fr/societe/ciivise/ils-refusent-de-voir-le-caractere-systemique-de-ces-violences-a-betharram-face-au-scandale-la-congregation-fait-le-dos-rond
Un groupe Facebook a été créé pour réunir les victimes : Les anciens du collège et lycée de Bétharram, victimes de l’institution.
- 1993 La préfecture des Pyrénées-Atlantiques est alertée d’un grave cas de violence physique : un surveillant a perforé le tympan d’un élève. L’école Notre-Dame-de-Bétharram est condamnée par la justice, à une époque où François Bayrou était déjà ministre de l’éducation nationale et président du conseil général, à indemniser un l’élève 🡵.
- 1996
- Un parent d’élève dépose plainte au mois d’avril 🡵 et Marie-Paul de Behr 🡵, un surveillant général est condamné en juin de cette année-là pour avoir violemment frappé un élève de 14 ans, lui laissant des séquelles à vie. « Mon fils a perdu une partie de l’audition, les médecins n’ont pas pu sauver son oreille ».
- Cette année, Calixte, le fils de François Bayrou, était dans la même classe que la victime (ce détail a son importance par la suite) 🡵.
- Une professeure de mathématiques, Françoise Gullung, dit avoir écrit au procureur de la République, au rectorat, au conseil général (présidé par François Bayrou), et avoir parlé directement à l’élu lors d’une remise de médailles, après avoir également tenté de sensibiliser sa femme, qui enseigne le catéchisme sur place 🡵 🡵.
- L’établissement est inspecté par l’éducation nationale. Le rapport porte la conclusion suivante : « Par un concours malheureux de circonstances, cet établissement vient de connaître des moments difficiles. La qualité du travail qui y est effectué, l’ambiance et les relations de confiance qui y règnent et la volonté de changement qui existe à tous les niveaux sont autant d’éléments positifs et d’atouts pour la réussite de Notre-Dame de Bétharram » 🡵. En 2025, l’inspecteur reconnaitra : « J’ai fait un rapport qui ne tient pas la route actuellement » 🡵.
- François Bayrou se rend à Notre-Dame-de-Bétharram pour défendre l’établissement : « Nombreux sont les Béarnais qui ont ressenti ces attaques [les dénonciations des violences – ndlr] avec un sentiment douloureux et un sentiment d’injustice », explique l’élu 🡵.
- A cette époque, et si on en croit la presse locale, au moins quatre élèves auraient eu un tympan perforé 🡵.
- 1998 L’ancien directeur de Notre-Dame-de-Bétharram, le père Pierre Silviet-Carricart, est mis en examen, accusé d’avoir violé un enfant, interne de l’établissement. Il est placé en détention durant une courte période. Le père est finalement laissé libre et exfiltré au Vatican 🡵.
- 2000 Suicide du père Pierre Silviet-Carricart 🡵. Une victime sera dédommagée de 50 000 euros par l’institution 🡵 mais la justice n’a pas poursuivi son enquête après le suicide du père Carricart 🡵.
- 2009 Les religieux du Sacré Cœur de Jésus, qui ont fondé l’école en 1837, quittent l’établissement Notre-Dame de Bétharram qui est rebaptisé Le Beau Rameau 🡵.
- 2023
- Décembre 2023 Lancement du groupe Facebook Les anciens du collège et lycée de Bétharram, victimes de l’institution 🡵.
- Décembre 2023 20 anciens élèves portent plainte 🡵 pour des violences physiques et sexuelles commises essentiellement au début des années 1980 🡵.
- 2024
- Février 2024 13 autres plaintes sont déposées 🡵 et une enquête préliminaire est ouverte par le procureur de la République Rodolphe Jarry 🡵 🡵.
- Février 2024 Un surveillant visé par huit plaintes d’anciens élèves et toujours en poste, a été écarté de l’ensemble scolaire Le Beau Rameau (nom de l’Institution Notre-dame-de-Bétharram depuis 2009). Il signera une rupture conventionnelle de contrat fin mai 🡵 après quarante ans passés à Bétharram 🡵.
- Avril 2024 Quarante nouvelles plaintes sont déposées. La moitié concerne des faits à caractère sexuel. Contrairement aux plaintes précédentes, les accusations d’agressions sont plus récentes et concernent les années 2000 🡵.
- Juillet 2024 26 nouvelles plaintes sont déposées portant leur total à 102 🡵 ou 108 🡵. Ces plaintes mettent en cause 22 adultes et un mineur au moment des faits dont la moitié sont encore en vie. Parmi eux, 9 religieux sont incriminés, dont 8 pour violences sexuelles, révèle le communiqué de presse du collectif de victimes de Bétharram 🡵. Parmi les nouveaux témoignages, ceux de jeunes filles, anciennes élèves dont une est aujourd’hui âgée de 24 ans. Elle raconte avoir été victime de harcèlement physique et psychologique en 2010 et 2011, « puis renvoyée pour éviter que cela fasse des vagues » 🡵. Pour la première fois aussi, trois 🡵 parents ont déposé plainte « pour abus de confiance et tromperie » et une enseignante affirme avoir tiré la sonnette d’alarme à l’époque 🡵. Enfin, il y a également au moins un dossier concernant des viols entre élèves 🡵.
- Juillet 2024 Le directeur actuel de l’établissement de Bétharram a indiqué que « l’école s’était portée partie civile dans cette affaire 🡵.
- Novembre 2024 Le total est maintenant de 110 plaintes qui mentionnent une vingtaine d’agresseurs. Des auteurs présumés de violences physiques et surtout d’abus sexuels sur des enfants, tous scolarisés dans l’établissement béarnais, qui ont perduré des années 1950 pour les témoignages les plus anciens, aux années 2010 pour les faits les plus récents 🡵.
- 2025
- Janvier 2025 Une enquête de Mediapart 🡵 🡵 🡵 🡵 démontre des mensonges de François Bayroux qui y a scolarisé ses enfants. L’élu, maire de Pau, ancien président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques et ex-ministre de l’éducation jure qu’il ignorait tout… malgré des documents et témoignages qui prouvent le contraire.
- Février 2025 Trois hommes sont placés en garde à vue. L’un d’entre eux, Patrick M., est mis en examen 🡵. Par ailleurs, Ange Mur, un diacre, est suspendu à titre conservatoire par Mgr Jean-Marc Micas. Il avait avoué frapper des élèves dans un reportage de l’émission Quotidien 🡵🡵.
19 victimes de violences sexuelles prescrites commises par des religieux de Bétharram ont été indemnisés par la CRR 🡵.
Le collectif de victimes de Bétharram a recensé 152 plaintes fin février 2025 🡵. Parmi elles, 70 concernent des faits de nature sexuelle et mettent en cause la quasi-totalité des pères directeurs 🡵.
Voir aussi :
Congrégation de Bétharram
- https://www.la-croix.com/religion/qui-sont-les-peres-de-betharram-au-cour-d-un-vaste-scandale-de-violences-sexuelles-20250304
- https://www.mediapart.fr/journal/france/190225/des-1993-l-etat-ete-alerte-des-maltraitances-de-betharram
- https://www.larepubliquedespyrenees.fr/faits-divers/justice/abuse-par-un-pretre-de-betharram-il-y-a-60-ans-il-veut-la-justice-5106900.php
- https://www.facebook.com/groups/1694399824400108/
- https://www.la-croix.com/religion/plus-de-100-plaintes-deposees-pour-violences-physiques-et-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram-20240710
- https://diocese64.org/communique-de-la-congregation-de-betharram/
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/pau/on-est-passe-d-une-affaire-regionale-a-un-scandale-national-un-an-apres-les-premieres-plaintes-pour-violences-sexuelles-a-betharram-l-impatience-des-victimes-3059317.html
- https://www.lavoixdunord.fr/1563929/article/2025-03-12/scandales-de-betharram-riaumont-les-deputes-vont-mener-l-enquete-et-veulent
- http://www.betharram.net/images/doc/betharram/feuille/99-expansionscjbetharram.pdf
- http://www.betharram.net/fr/famille/ou
Fondée en 1835 près de Lourdes par Michel Garicoïts (1797-1863), prêtre basque canonisé en 1947, la congrégation des Pères du Sacré Cœur de Jésus de Bétharram (s.c.j.), ou plus simplement des Pères bétharramites, avait pour vocation de répondre aux besoins spirituels de l’après-Révolution française. « Avec une spiritualité centrée sur le Sacré-Cœur de Jésus, elle a particulièrement investi les terrains de l’éducation, de la pastorale des malades, de la mission, et du service des paroisses », campe le père Delgue 🡵. Elle compte près de 270 membres dans le monde 🡵.
Chronologie
Le premières alertes connues remontent à 1993, quand un surveillant perfore le tympan d’un élève. L’école Notre-Dame-de-Bétharram est condamnée par la justice à indemniser un l’élève 🡵. L’année 2000 sera marquée par le suicide de l’ancien directeur de Notre-Dame-de-Bétharram, le père Pierre Silviet-Carricart, qui était alors mis en examen, accusé d’avoir violé un enfant, interne de l’établissement. A partir de 2010, Jean-Marie Delbos, victime du père Lamasse, va tenter de se faire entendre de l’Église qui ne sanctionnera pas son agresseur mais l’enverra simplement un temps « en quarantaine » à Bethléem, avec interdiction d’exercer 🡵.
Finalement, c’est le lancement du groupe Facebook Les anciens du collège et lycée de Bétharram, victimes de l’institution 🡵 par Alain Esquerre qui va changer la donne. A partir de ce moment, les plaintes s’accumullent rapidement.
Fin 2024, la congrégation de Bétharram publie un long communiqué 🡵. Le vicaire général de la congrégation de Bétharram a confié à une ONG de Bayonne une mission de médiation avec les victimes. Dans les faits, depuis ce message, elle est absente des démarches 🡵.
Avec la mise en cause de François Bayrou début 2025 la médiatisation de Notre-Dame de Bétharram s’accélère et des groupes Facebook sont créés pour rassembler les victimes dans d’autres établissements de la congrégation.
Le mois de mars 2025 marque un tournant :
- Les pères de Bétharram reconnaissent leur « responsabilité » dans les « souffrances » liées aux violences physiques et sexuelles. De plus, ils annoncent la mise en place d’un dispositif d’indemnisation des victimes de laïcs. Enfin, une commission d’enquête indépendante, dont la composition n’a pas encore été arrêtée, devra par ailleurs identifier « les causes » de ces « abus massifs ». Elle devrait travailler pendant « au moins six mois », « pourra étudier les archives » et entendra des victimes et membres de la communauté. Fait notable, elle s’intéressera aussi au fonctionnement de la congrégation à l’international, avec l’ambition d’empêcher la reproduction de tels abus 🡵.
- Suite à l’écho médiatique de Bétharram, les députés lancent une commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire 🡵.
Une congrégation internationale
La congrégation est aujourd’hui implantée dans près de quinze pays répartis sur les cinq continents 🡵, notamment en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. 🡵. La crainte d’Alain Esquerre, c’est que « là où les prêtres qui ont dirigé Bétharram sont passés par la suite, il y ait eu d’autres agressions sexuelles » 🡵.
Source : Site internet des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram
Voir aussi :
A propos de l'enseignement privé catholique
- https://www.ciase.fr/rapport-final/
- https://www.francetvinfo.fr/societe/education/affaire-de-violences-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram/des-excuses-quelques-annonces-et-une-promesse-de-reflexion-comment-l-enseignement-catholique-reagit-aux-temoignages-de-violences-physiques-et-sexuelles-dans-ses-etablissements_7127985.html
Les chiffres documentés par la CIASE
Dans son rapport paru en 2021, la Commission indépendante sur la pédocriminalité dans l’Église catholique (Ciase) a estimé à 330 000 le nombre de victimes entre 1950 et 2020. Près d’un tiers (30%) des faits ont eu lieu dans les établissements et internats scolaires, « premier lieu des violences sexuelles » contre les mineurs au sein de l’Église. Les victimes sont très majoritairement (83%) des garçons, âgés pour la plupart (62%) de 10 à 13 ans. Les sévices sexuels s’inscrivent « dans un continuum de violences pédagogiques », relève aussi la Ciase.
D’après les chiffres de la Ciase, il y aurait donc eu presque 100 000 victimes dans les établissements et internats scolaires en lien avec l’Église.
« Cette loi de l’omerta était générale » dans la société, assure l’évêque de Bayonne [Mgr Aillet]. « Dans les congrégations religieuses, qui jouent un rôle important dans l’enseignement catholique, la culture du silence, inhérente à l’Église, est redoublée du fait de l’obéissance due au supérieur, et d’une culture corporatiste qui incite à garder le silence au sein de la communauté et à protéger ses membres », nuance l’historienne Agnès Demazières. « Ces congrégations exercent aussi une force d’attraction sur des personnalités perverses du fait de ce climat de silence et d’un accès facile à des enfants et des personnes vulnérables », avance la spécialiste de l’histoire du christianisme, autrice de Sans loi ni foi : Prêtres et violences sexuelles. Au cœur du système catholique.
Voir aussi :
- Abbaye-école de Sorèze (1)
- Collège Richelieu à La-Roche-sur-Yon (1)
- Collège Saint François-Xavier d'Ustaritz (2)
- Collège Saint-Michel à Bruxelles (fiche uniquement)
- Collège Saint-Pierre, au Relecq-Kerhuon (2)
- Institution Saint-Dominique de Neuilly (3)
- Institution Saint-Pierre, à Saint-Pé-de-Bigorre (2)
- L'Immaculée Conception de Pau (fiche uniquement)
- Notre Dame de Garaison (5)
- Notre-Dame de Bétharram (33)
- Notre-Dame du Sacré Cœur à Dax, dit Cendrillon (2)
- Sainte Croix des Neiges (3)
- École Ozanam de Limoges (4)
Mgr Marc Aillet
- https://lesjours.fr/obsessions/communaute-saint-martin/ep6-marc-aillet/
- https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/nominations/367871-mgr-marc-aillet-est-nomme-eveque-de-bayonne/
- https://diocese64.org/communique-de-mgr-marc-aillet-3/
- https://www.francebleu.fr/infos/societe/des-pretres-des-pyrenees-atlantiques-mettent-en-cause-les-methodes-de-monseigneur-aillet-1480596987
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/pretres-frondeurs-du-diocese-de-bayonne-le-point-sur-laffaire-11383.php
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/bayonne/bayonne-abbe-comparait-devant-tribunal-faits-commis-mineur-1538840.html
- https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/anglet/l-abbe-sarramagnan-condamne-de-lourds-silences-et-des-confessions-2964190.php
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/bayonne/bayonne-accuse-cash-investigation-mgr-aillet-reconnait-avoir-garde-silence-1220337.html
- https://www.larepubliquedespyrenees.fr/societe/religion/abus-sexuels-dans-l-eglise-pourquoi-le-diocese-du-64-a-ete-le-seul-a-ne-pas-ouvrir-ses-archives-aux-experts-de-la-ciase-6895965.php
- https://www.liberation.fr/societe/education/limmaculee-conception-de-pau-un-etablissement-scolaire-sous-le-joug-de-leveque-ultraconservateur-marc-aillet-20240201_AGN5TXN7NJAMFBIZJA3SSUK5SI/
- https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-suspension-du-directeur-de-l-immaculee-conception-de-pau-suspendue-en-attendant-un-jugement-sur-le-fond-du-dossier-8234027
- https://www.sudouest.fr/politique/education/a-pau-le-directeur-de-l-etablissement-catholique-de-l-immaculee-conception-vise-par-une-plainte-pour-negationnisme-23604856.php
- https://www.letelegramme.fr/bretagne/les-etranges-visions-de-virginie-secouent-leglise-francaise-6498185.php
- https://www.francebleu.fr/infos/societe/une-visite-fraternelle-au-diocese-de-bayonne-sur-fond-de-soupcons-de-derives-sectaires-7936875
- https://diocese64.org/150-des-jesuites-et-installation-des-chanoines-de-lagrasse-a-pau/
- https://www.lagrasse.org/laventure-paloise-commence/
- https://www.francebleu.fr/infos/societe/malaise-chez-les-catholiques-des-pyrenees-atlantiques-une-demande-de-mediation-avec-l-eveque-4283765
- https://x.com/MgrMAillet/status/687042382529978368
- https://x.com/MgrMAillet/status/691219188384468992
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/croisade-anti-ivg-eveque-bayonne-est-insupportable-inacceptable-ministre-sante-914691.html
- https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-tweet-polemique-de-monseigneur-aillet-propos-de-la-mort-de-simone-veil-1499271184
- https://www.sudouest.fr/faits-divers/affaire-betharram/info-sud-ouest-des-noms-risquent-d-etre-jetes-en-pature-comment-le-diocese-de-bayonne-protege-ses-pretres-23685733.php
- https://diocese40.fr/service/catechumenat/
- https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/bayonne/au-pays-basque-l-etonnant-parcours-d-un-pretre-condamne-pour-pedophilie-23788835.php
Parcours
- 1982 Ordonné prêtre au sein de la communauté Saint-Martin 🡵.
- 1986-1992 Aumônier des lycées et collèges de Saint-Raphaël (diocèse de Fréjus-Toulon) ; professeur de théologie morale et directeur spirituel au séminaire diocésain de Fréjus-Toulon 🡵.
- 1992-1998 Recteur de la maison de formation de la Communauté Saint-Martin (à Gênes puis à Candé dans le diocèse de Blois) 🡵.
- 1998-2005 Curé de la paroisse de Saint-Raphaël 🡵.
- 2001-2002 Vicaire épiscopal de Dominique Rey, pour les doyennés de Fayence, Fréjus et Saint-Tropez 🡵.
- 2002-2008 Vicaire général de Dominique Rey, dans le diocèse de Fréjus-Toulon 🡵.
- 2008 Nommé évêque de Bayonne, Lescar et Oloron 🡵.
A l’été 2024, une « visite fraternelle » est demandée par Rome chez Mgr Aillet. Elle a été conduite par Mgr Antoine Hérouard, archevêque de Dijon, qui a réalisé la visite apostolique à Fréjus-Toulon 🡵.
Affaires médiatisées
La lettre du « groupe de Mourenx »
En 2016, 60 prêtres du diocèse cosignent une lettre mettant en cause les méthodes de Monseigneur Aillet. La lettre est envoyée au nonce apostolique, à l’archevêque de Bordeaux et à la conférence des évêques de France 🡵. La lettre est transmise à presse qui s’en fait l’écho, ce qui n’était pas l’intention des membres du « groupe de Mourenx » 🡵.
Père Jean-François Sarramagnan
- 2016, Mgr Aillet signale le père Jean-François Sarramagnan au parquet de Bayonne, en affirmant être au courant des faits depuis 2009 🡵. Jean-François Sarramagnan est ensuite condamné à six mois de prison avec sursis pour attentat à la pudeur sur un mineur de moins de 15 ans, sans violence, ni contrainte 🡵. Mgr Aillet reconnaîtra avoir gardé le silence après avoir été accusé par une enquête de Cash Investigation 🡵.
- Début 2025, le site internet du diocèse indique que le père Jean-François Sarramagna est le responsable diocésain du catéchuménat 🡵.
Père Jean-Baptiste
En 2001, le père Jean-Baptiste est condamné à Bayonne pour agression sexuelle à dix-huit mois de prison avec sursis et une interdiction pendant cinq ans d’exercer une fonction en lien avec des mineurs. Mgr Molères, son évêque, envoie alors l’abbé à l’institut Catholique de Toulouse pour se recycler, faire des études. En 2005, il revient à Saint-Palais, comme prêtre auxiliaire. En 2010, le nouvel évêque Mgr Marc Aillet le rétablit dans son ministère curial et lui confie la paroisse de Saint-François-Xavier d’Amikuze. Sollicité, Mgr Aillet conteste toute légèreté, assurant n’avoir aucune connaissance d’un quelconque engagement du diocèse après le jugement et soulignant que la réintroduction du prêtre avait été amorcée par son prédécesseur en 2005 🡵.
La non ouverture des archives : la CIASE et l’affaire Bétharram
- 2021 Mgr Aillet est le seul évêque à refuser l’ouverture de ses archives diocésaines à la CIASE 🡵.
- 2025 Il refuse également l’ouverture des archuves dans le cadre de l’affaire Bétharram 🡵.
La raison invoquée est le RGPD. Mais en mars 2025, Olivier Drapé, le responsable de la communication du diocèse, envoie par erreur un email à un journaliste de Sud Ouest alors que celui-ci était destiné à Mgr Aillet. Ce message met en avant une logique sensiblement différente : « Nous n’avons pas à nous laisser impressionner [par les journalistes], bien que ce soit leur manière de faire, écrit-il. Nos archives sont à la disposition de la justice (c’est-à-dire du parquet). Des prêtres risquent d’être mis en cause nominativement et leurs noms jetés en pâture dans la presse (ceux qui sont encore en vie pourraient vous le reprocher). »
L’Immaculée Conception de Pau
En 2013, Christian Espeso est nommé à la tête de L’Immaculée Conception de Pau, le plus grand établissement privé sous contrat du Béarn. Très vite, le directeur imprime sa marque et Libération titrera quelques mois plus tard : L’Immaculée Conception de Pau, un établissement scolaire sous le joug de l’évêque ultraconservateur Marc Aillet 🡵.
Les inspections de 2021 et 2024 pointent de nombreux manquements au contrat d’association avec l’Etat : confessions et sacrements dispensés sur les heures de cours, catéchisme obligatoire dans certaines classes,…
Christian Espeso sera un temps abusivement suspendu par le rectorat en 2024 🡵, avant d’être visé par une plainte pour négationnisme en 2025 🡵.
L’Alliance des Cœurs unis
Virginie, de son vrai nom Gaétane de Lacoste Lareymondie, est une ancienne journaliste catholique. Elevée dans un milieu traditionaliste, mère de cinq enfants 🡵, elle prétend avoir des visions de Jésus et de la vierge Marie. Le groupe est accompagné par Mgr Aillet.
A l’occasion d’une « visite fraternelle » à Monseigneur Marc Aillet et son diocèse, Mgr Antoine Hérouard déclare : « [L’Alliance des Cœurs unis] fait l’objet de critiques, il s’agit de savoir s’il n’y a pas de dérives sectaires et est-ce que dans l’accompagnement de cette association l’évêque se situe bien » 🡵.
Installation des chanoines de Lagrasse à Pau
En 2023, les chanoines de Lagrasse s’installent à Pau 🡵. Ils ont la charge pastorale de la Maison diocésaine 🡵. Cela provoque de vives tensions dans le diocèse 🡵.
Tweets au sujet de l’IVG
- 2016 Mgr Aillet publie deux tweets controversés. Le premier le 12 janvier 2016 : « L’Etat prétend protéger les citoyens contre Daech et s’engage dans une campagne pro-IVG condamnant des innocents à la violence : illisible ! » 🡵. Puis le second 24 janvier 2016 : « Peut-on rester insensible devant ces 220000 enfants à naître, littéralement broyés dans le sein de leur mère, chaque année en France? Pitié! » 🡵. Cela a fait réagir jusqu’à la ministre de la santé Marisol Touraine 🡵.
- 2017 Le 3 juillet 2017, Mgr Aillet publie un tweet quelques jours après le décès de Simone Veil : « Je prie pour Simone Veil, car « l’avortement n’est pas un moindre mal, c’est le mal absolu, le meurtre d’une vie innocente » (Pape François) ». Cette fois aussi, les réactions seront fortes 🡵.
Père Henri Lamasse
- https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/il-etait-soutane-ouverte-il-venait-sous-les-draps-le-temoignage-d-une-victime-d-abus-sexuels-a-betharram-8427801
- https://www.larepubliquedespyrenees.fr/faits-divers/justice/abuse-par-un-pretre-de-betharram-il-y-a-60-ans-il-veut-la-justice-5106900.php
- https://riposte-catholique.fr/archives/199844
- https://bordeaux.catholique.fr/lutter-contre-les-violencese-et-agressions-sexuelles/communique-de-larcheveque-du-diocese-de-bordeaux-concernant-le-pere-henri-lamasse-pretre-du-sacre-coeur-de-betharram/
- https://www.mediapart.fr/journal/france/050225/viols-sur-mineurs-betharram-les-mensonges-de-bayrou-pour-defendre-une-institution-catholique
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/affaire-betharram-un-jour-ou-l-autre-la-verite-se-fait-le-diocese-de-limoges-a-l-ecoute-d-eventuelles-victimes-3114475.html
- https://www.midilibre.fr/2025/02/21/ce-dossier-est-tentaculaire-il-va-y-avoir-de-nouvelles-plaintes-annonce-le-porte-parole-des-victimes-de-betharram-12528103.php
- https://www.francetvinfo.fr/societe/education/affaire-de-violences-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram/des-excuses-quelques-annonces-et-une-promesse-de-reflexion-comment-l-enseignement-catholique-reagit-aux-temoignages-de-violences-physiques-et-sexuelles-dans-ses-etablissements_7127985.html
Jean-Marie Delbos a été victime du frère Henri Lamasse 🡵 qui surveillait l’internat à Bétharram. Après avoir dénoncé les faits à un père de Bétharram, il est convoqué par le responsable de l’apostolicat qui lui interdit de parler. Peu de temps après, suite à une blessure au genou, il se fait interner à la demande de Bétharram au pavillon des malades psychiatriques de l’hôpital de Pau, dont il sortira au bout de 15 jours grâce au bon sens d’un médecin. On lui interdit de revenir à Bétharram en menaçant sa grand mère de saisir ses biens si l’affaire avait une suite 🡵.
- 1957 : Arrivée du père Henri Lamasse à Bétharram 🡵.
- 1980 à 1983 : Paroisse de Saint-Léonard de Noblat (diocèse de Limoges) 🡵.
- 1983 à 1988 : Animateur en pastorale à Ozanam, Saint-Jean et Jeanne d’Arc (diocèse de Limoges) 🡵.
- 1988 à 1995 : Sur la paroisse de Saint-André-de-Cubzac (diocèse de Bordeaux) 🡵.
- 1995 à juillet 1999 : Sur le secteur pastoral de Pessac (diocèse de Bordeaux) où il était membre d’une communauté de prêtres de la congrégation, fermée en 1999 🡵.
- 1999 à 2010 : Membre de l’équipe d’aumônerie du CHU de Limoges et prêtre auxiliaire de la paroisse Saint-Benoit (diocèse de Limoges) 🡵.
- 2010 Plainte de Jean-Marie Delbos. Le père Henri Lamasse est envoyé « en quarantaine » à Bethléem, avec interdiction d’exercer 🡵.
- 2023 Jean-Marie Delbos est indemnisé par la Commission reconnaissance et réparation (CRR) pour les viols subis dans les années 1950, alors qu’il était adolescent 🡵.
- 2025 : Placé en garde à vue, accusé par un ancien élève d’agressions sexuelles commises entre 1957 et 1962, puis remis en liberté pour prescription 🡵. Le prêtre a admis « un seul fait de nature sexuelle au préjudice de la victime » pendant ses auditions 🡵. Suite à cela, la congrégation de Bétharram a retiré au père Henri Lamasse la possibilité de célébrer la messe en public, avant une potentielle sanction du Vatican 🡵.
Le père Henri Lamasse vit à l’EHPAD de Bétharram.
Voir aussi :
École Ozanam de Limoges
- 2011 La congrégation de Bétharram fait ses adieux au diocèse de Limoges après 63 ans de présence, tant au collège Ozanam, qu’à la paroisse de Saint-Léonard et divers services et aumôneries 🡵.
- 2025 Des abus sexuels sont dénoncés par d’anciens élèves 🡵.
Voir aussi :