L'histoire secrète des prêtres pédophiles soignés au Pays basque
Un article du journal Sud Ouest présente l’histoire de la chapelle aux icônes à Cambo-les-Bains. Sa construction a été lancée par l’abbé Arnaud Courtelarre qui fournissait ainsi des travaux manuels aux prêtres pédophiles accueillis au centre Artzaindeia. Malheureusement, pour les détails, il faudrait que Mgr Aillet ouvre ses archives… ce qu’il a encore refusé cette semaine dans le cadre de l’affaire Bétharram.
À partir d’une première expérience à Lyon en 1948, plusieurs cliniques pour prêtres vont exister à travers le pays, huit au total. Ce qui est unique avec Cambo, c’est que son règlement exclut les alcooliques et les psychotiques. Si vous enlevez ceux-là, vous trouvez beaucoup plus qu’ailleurs des prêtres auteurs d’abus sexuels."
On commence à considérer les prêtres auteurs d’abus sexuels comme des malades qu’il faut soigner et plus simplement comme des pécheurs
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Le centre de Cambo va soigner quelques dizaines de patients durant six ans, jusqu’en 1962 et son transfert à Bruges, en Gironde. La chapelle aux icônes en est le témoin muet. Les travaux manuels entraient dans la thérapie des prêtres pédophiles. « Ça faisait partie du recadrage spirituel. C’était très symbolique : ceux qui avaient détruit des vies construisaient un lieu de prière », analyse Jean-Baptiste Arréguy.
« L’Église se pense en société parfaite. Elle se construit à l’ombre de l’État et se considère habilitée à traiter ses problèmes en interne », contextualise Thomas Boullu. L’historien souligne aussi cette autre perspective : « À Cambo sont soignés des hommes de moins de 45 ans. Des séjours de trois mois en moyenne. Il y a la volonté de les maintenir dans les structures ecclésiastiques. Deux tiers des prêtres passés par Artzaindeia sont revenus en fonction. »