Congrégation de Bétharram : "J'ai ouvert une boîte de Pandore"

Des collectifs d’anciens élèves d’autres établissements qui ont vécu des souffrances similaires se créent ces dernières semaines, dans la foulée de la médiatisation de Bétharram. Quel regard portez-vous sur cela ?

Alain Esquerre : Dès qu’on met la lumière sur un établissement confessionnel, comme il s’agit de quelque chose de systémique, on se rend compte qu’il y a des victimes. C’est très inquiétant. Cela montre qu’il y a eu un dysfonctionnement généralisé de nombreux établissements privés.

Il va falloir créer une entité pour répertorier tous ces faits. J’en ai parlé avec la présidente de l’Apel (Association des parents d’élèves de l’enseignement libre, NDLR), qui appuiera cette démarche, convaincue qu’il faut expurger le mal qui porte ombrage à ce qui existe de bien dans l’enseignement catholique.

Comment agir pour éviter de nouveaux Bétharram ?

Alain Esquerre : Si les garde-fous fonctionnaient, il n’y aurait pas d’affaire Bétharram. Si la gendarmerie, au lieu de ramener les élèves fugueurs au bagne, les avait auditionnés pour savoir pourquoi ils s’étaient enfuis, si l’infirmière scolaire avait fait son travail, les choses auraient pu être arrêtées bien avant. J’ai vu des élèves revenir ensanglantés en classe après être passés au « perron », où ils étaient corrigés par les surveillants, les joues explosées. Les enseignants les voyaient aussi forcément. Pourquoi ont-ils gardé le silence ?

La Croix

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