Quand l'évêché de Cahors protège un pédocriminel et rejette sa victime
- https://www.mediacites.fr/enquete/toulouse/2023/09/17/quand-leveche-de-cahors-protege-un-pedocriminel-et-rejette-sa-victime/
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/lot/cahors/temoignage-les-paroissiens-doivent-savoir-leur-cure-a-ete-condamne-pour-agressions-sexuelles-sur-mineur-sa-victime-mickael-parle-et-denonce-2837315.html
- https://montpellier.catholique.fr/communique-de-mgr-norbert-turini-2/
- https://www.mediacites.fr/complement-denquete/toulouse/2023/09/19/pedocriminalite-la-defense-bancale-du-diocese-de-cahors/
- https://www.mediacites.fr/complement-denquete/toulouse/2024/11/18/abus-sexuels-dans-leglise-la-lente-reconstruction-des-victimes/
- https://cahors.catholique.fr/eglise-pratique/l-eveque-et-le-diocese-de-cahors/agenda-homelies-communiques/infos-communiques/article/communique-du-diocese-de-cahors
- https://x.com/i/web/status/1704028672724771226
La réponse du diocèse. pic.twitter.com/NeN5RMXKlJ
— Sophie de Ravinel (@S2RVNL) September 19, 2023
A partir de ses 13 ans et durant 4 années, Mickaël a été victime d'un prêtre. En 2013, après des années de silence, il porte plainte et obtient la condamnation de son bourreau. Mais l'abbé Olivier est toujours à la tête d'une paroisse dans le Lot, en contact avec des enfants. Pour France 3 Occitanie, Mickaël revient aussi sur les pressions dont il a été victime pour se taire.
[Mgr Norbert Turini] m'a proposé d'arranger ça à l'amiable, de revoir Philippe Olivier et de lui serrer la main en guise de réconciliation.
A la suite de l'article paru le 18 septembre 2023 sur le site de France 3 régions relayant les informations données par un ancien séminariste Mickaël, âgé de 34 ans, le diocèse de Cahors souhaite apporter les précisions suivantes.
Avant toute chose, le diocèse de Cahors tient à dire son soutien à Mickaël, qui a été victime, alors qu'il était mineur, d'atteintes sexuelles de la part d'un prêtre du diocèse. Le diocèse de Cahors est mobilisé dans la prévention des infractions de nature sexuelle faites aux mineurs et collabore avec la justice civile chaque fois qu'une telle situation se présente.
Quand en 2012, Mickael a le courage de révéler les atteintes dont il a été victime à l'évêque de Cahors de l'époque, Mgr Turini, ce dernier signale immédiatement les faits au procureur de la république lequel ouvre une enquête préliminaire.
Des mesures conservatoires canoniques sont prises par Mgr Turini vis-à-vis du prêtre mis en cause. Celui-ci n'exerce déjà plus sa charge curiale.
Le 27 juin 2013, un an après la révélation des faits, le prêtre mis en cause est reconnu coupable « d'atteintes sexuelles sur un mineur de 15 ans par personne ayant autorité sur la victime », pour des faits commis en 2002 et 2003, à l'issue d'un procès tenu à huis-clos par décision du Tribunal de grande instance de Cahors. Il est condamné à 1 ans de prison avec sursis avec mise à l'épreuve de 18 mois, avec obligation de soin et dédommagement de la victime à hauteur de 2.566 €.
A la suite de ce jugement correctionnel, la procédure canonique ouverte par Mgr Turini a pu se poursuivre. Elle a été menée sous l'autorité de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi conformément au droit canonique. En août 2014, le décret canonique définitif spécifiant la sanction est transmis. Il interdit au prêtre reconnu coupable d'exercer un ministère auprès de mineurs.
Aujourd'hui, conformément à la sanction canonique, le prêtre concerné exerce un ministère paroissial restreint, sans activité pastorale directement en lien avec des mineurs. Il est vicaire, sous la responsabilité d'un curé qui a été informé de sa situation et qui est vigilant sur ce point.
Pour ce qui est de Mickaël, il ne lui a pas été demandé de quitter le séminaire en raison des révélations qu'il avait légitimement et courageusement faites à propos de ce prêtre reconnu par la suite coupable. C'est dans le cadre habituel du suivi des séminaristes par leurs formateurs que cette demande lui a été faite. Il revient en effet aux supérieurs du séminaire et à l'évêque dont relève le séminariste d'apprécier et de discerner l'aptitude de tout candidat à exercer le sacerdoce.
Mgr Camiade, évêque de Cahors, redit sa disponibilité à Mickaël et à tous ceux qui en ont besoin. Il rappelle l'existence d'une cellule d'écoute joignable par ce mail : celluledecoute@diocesedecahors.fr et sa détermination à œuvrer avec tous les acteurs de la vie du diocèse contre toute forme d'abus.
Ajout en Novembre 2024 :
Abus sexuels dans l'Église : la lente reconstruction des victimes Plus d'un an après avoir révélé les faits dans Mediacités, des victimes de violences sexuelles de la part de prêtres dans le Lot témoignent de leurs difficultés à bâtir leur vie d'après avoir brisé le silence. Des multiples - et coûteuses - thérapies à leurs difficultés affectives, en passant par leur volonté commune de venir en aide à d'autres victimes.
Informations complémentaires
Diocèse de Cahors
Derniers évêques
- 2004-2014 : Mgr Norbert Turini 🡵
- Depuis 2015 : Mgr Laurent Camiade 🡵
Voir aussi :
Mgr Norbert Turini
- https://eglise.catholique.fr/guide-eglise-catholique-france/personne/mgr-norbert-turini/
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Norbert_Turini
- https://www.mediapart.fr/journal/france/190923/dans-le-lot-l-eveche-protege-un-pedocriminel-et-rejette-sa-victime
- https://montpellier.catholique.fr/declaration-capmissio-4-avril-2024/
Dates clé
- 2004‐2014 Évêque de Cahors
- 2014-2022 Évêque de Perpignan‐Elne
- Depuis 2022 Évêque de Montpellier
Affaires médiatisées
L'affaire Philippe Olivier
Entre 2002 et 2006, alors qu'il est curé de Lalbenque (Lot), le père Philippe Olivier s'adonne à des masturbations, fellations et pénétrations digitales sur Mickaël, l'un de ses servants d'autel, alors que ce dernier avait entre 13 et 17 ans 🡵. Entré au séminaire en 2007, Mickaël comprend en 2011 la gravité des faits qu'il dénonce à son supérieur, le père Jean-Marc Micas. Celui‐ci prévient immédiatement son confrère Norbert Turini, alors évêque de Cahors, qui a autorité sur le séminariste 🡵.
Selon Jean-Marc Micas, Mgr Norbert Turini voit les choses de la manière suivante 🡵 :
- « Mgr Turini a dit que c'était une relation d'égal à égal et qu'ils étaient amoureux, se souvient l'actuel évêque de Lourdes. Mais pour moi, on ne peut jamais dire quelque chose de pareil. Il ne peut pas y avoir de relation entre un adulte et un enfant. »
- « Mgr Turini espérait résoudre l'affaire en convoquant les deux hommes dans son bureau, qu'ils se serrent la main et règlent ça à l'amiable. »
C'est la raison pour laquelle, suite à la plainte déposée par Mickaël 🡵 :
- Mgr Turini défendra le père Philippe Olivier avec l'argumentation de la relation d'égal à égal.
- Lors du procès, l'évêché ne se porte pas partie civile et demande à l'avocat diocésain, Maître Jacques Alary, de défendre le père Olivier plutôt que d'en faire bénéficier Mickaël. L'évêque fait également pression pour que le jugement se fasse à huis clos (ce qu'il obtient), afin de ne pas ébruiter l'affaire.
Après le procès qui reconnaît coupable le père Philippe Olivier, Norbert Turini refuse que Mickaël termine son séminaire et soit ordonné, malgré l'avis favorable des six responsables du séminaire. « Ce que les membres du diocèse de Cahors m'ont toujours fait ressentir, c'est que j'étais coupable à leurs yeux. Ils ne m'ont jamais aidé à sortir de ça. Quand ils m'ont mis dehors, j'ai compris que je les dérangeais. En 2011, un ami jésuite à qui je m'étais confié m'avait conseillé d'attendre d'être ordonné pour porter plainte. Il savait que j'allais me griller. » 🡵
CapMissio
A son arrivée dans le diocèse en 2022, Mgr Turini trouve CapMissio, une école d'évangélisation diocésaine cofondée par le père René-Luc qui en assure la direction. Suite à des alertes, il commande une visite canonique puis ferme dans la foulée CapMissio 🡵.
Mgr Laurent Camiade
- https://eglise.catholique.fr/guide-eglise-catholique-france/personne/mgr-laurent-camiade/
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Camiade
- https://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Mgr-Laurent-Camiade-nouvel-eveque-de-Cahors-2015-07-15-1334658
- https://www.elle.fr/Societe/News/Lot-victime-d-un-cure-pedophile-il-denonce-le-maintien-en-poste-de-son-agresseur-4149347
- https://cahors.catholique.fr/eglise-pratique/l-eveque-et-le-diocese-de-cahors/nominations/nominations-2014/Nominations-1620
- https://www.ladepeche.fr/article/2016/09/01/2409729-derniere-messe-pour-l-abbe-michel-cambon.html
- https://www.ladepeche.fr/article/2016/04/10/2321998-le-grand-remaniement-de-l-eveque-de-cahors.html
- https://cahors.catholique.fr/eglise-pratique/doyennes-et-paroisses/doyenne-du-causse-central/groupement-paroissial-de-catus-399/article/groupement-paroissial-de-catus-3343
- https://www.ladepeche.fr/2020/01/26/visite-pastorale-de-mgr-laurent-camiade,8687418.php
- https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/180923/la-victime-d-un-cure-pedophile-denonce-son-maintien-en-poste
- https://www.mediacites.fr/complement-denquete/toulouse/2023/09/28/ce-nest-pas-de-la-pedocriminalite-face-aux-paroissiens-leveque-de-cahors-en-plein-deni/
- https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/l-info-de-france-inter-3127183
- https://www.mediapart.fr/journal/france/190923/dans-le-lot-l-eveche-protege-un-pedocriminel-et-rejette-sa-victime
- https://www.medias-presse.info/la-crise-de-leglise-frappe-deux-fois-a-rocamadour/176292/
- https://actu.fr/societe/45-pelerins-du-lot-sur-les-pas-du-christ-en-terre-sainte_55730699.html
- https://cahors.catholique.fr/eglise-pratique/l-eveque-et-le-diocese-de-cahors/agenda-homelies-communiques/infos-communiques/article/message-concernant-un-pretre-du
- https://www.mediacites.fr/complement-denquete/toulouse/2024/03/27/abus-sexuels-choc-et-colere-des-catholiques-apres-la-plainte-pour-viols-contre-un-pretre/
- https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Leveque-Cahors-demande-pere-Gouvello-retirer-temps-necessaire-2019-03-04-1201006439
- https://actu.fr/faits-divers/proces-de-lancien-cure-de-cahors-pour-labbe-ronan-de-gouvello-le-jugement-est-tombe_60770071.html
- https://www.la-croix.com/religion/sanctions-canoniques-contre-le-pere-ronan-de-gouvello-les-questions-que-pose-sa-condamnation-20240305
Dates clé
Affaires médiatisées
Père Philippe Olivier
Lorsque Mgr Camiade est nommé évêque de Cahors en 2015, le père Philippe Olivier a été condamné :
- en 2013 par la justice à un an d'emprisonnement avec sursis avec une mise à l'épreuve de 18 mois pour atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité sur la victime 🡵.
- en 2014 par la justice de l'Église. Un décret canonique définitif lui interdit d'exercer un ministère auprès de mineurs.
Mgr Laurent Camiade laisse le père Philippe Olivier en paroisse, d'abord comme curé 🡵 puis comme vicaire dès 2016. Un article de presse précise qu'il est « soutenu par l'administrateur apostolique, l'abbé Florent Millet » 🡵, mais ce qui semble être une mesure de surveillance doit avoir une porté limitée, le père Millet étant également vicaire général et résidant à Cahors 🡵. D'ailleurs, un article du diocèse daté de 2020 permet de comprendre que le père Florent Millet n'est alors plus du tout présent sur la paroisse de Catus : « Mgr Laurent Camiade et le Vicaire général Florent Millet ont sillonné nos routes avec l'abbé Olivier, heureux de leur présenter les uns et les autres » 🡵.
A cette époque, un article de presse indique que le père Philippe Olivier est « Vicaire Paroissial, Curé de Catus » 🡵… Il semble donc curé avec le titre de vicaire, vraisemblablement pour se conformer à la sanction canonique. D'ailleurs, en 2023, un communiqué du diocèse prend le soin de préciser : « conformément à la sanction canonique, le prêtre concerné exerce un ministère paroissial restreint, sans activité pastorale directement en lien avec des mineurs (…) sous la responsabilité d'un curé » 🡵… mais rien n'indique que le curé doive résider sur la paroisse ni même être simplement au courant de l'agenda de son vicaire !
Suite à la médiatisation de 2023, l'évêque de Cahors, Mgr Laurent Camiade rencontre les paroissiens avec son vicaire général, le père Luc Denjean. Le journal Mediacités rends compte de cet échange 🡵 :
« Ce n'est pas de la pédocriminalité », estime [Mgr Laurent Camiade], contestant le fait que des relations sexuelles d'un homme de 35 ans sur un enfant de 13 ans relèvent de la pédophilie. Du moins, « tout dépend de ce que l'on met sous ce mot », poursuit‐il avec cynisme.
[…]
Les deux chefs de l'évêché [Mgr Laurent Camiade et son vicaire général, le père Luc Denjean] préfèrent parler « d'erreurs » et de « fautes » plutôt que « d'agressions sexuelles » ou de « délits ». Le terme « abus » n'est employé qu'une seule fois par Laurent Camiade, dans le but de victimiser le coupable. « L'auteur d'un abus, alors je ne sais pas si c'est le mot, on peut en discuter, bredouille‐t‐il, mais cet auteur est aussi blessé par ce qu'il a fait. »
Finalement, le père Philippe Olivier quittera la vie paroissiale pour un service d'archives de l'Église. « Avec cette médiatisation, il n'était plus possible qu'il poursuive un ministère en paroisse quand bien même il n'a pas été considéré par la justice comme présentant un danger » nous signale Laurent Camiade 🡵.
Quant au séminariste victime du père Philippe Olivier, il n'a pas été autorisé à poursuivre au séminaire, malgré l'avis favorable des six responsables du séminaire en vue de son ordination diaconale 🡵.
Père Florent Millet
Alors qu'il est vicaire général, une sanction canonique interdit au père Florent Millet l'accompagnement spirituels de groupes ou de fidèles 🡵. Quelques mois plus tard (alors qu'il n'est plus vicaire général) il accompagne 45 paroissiens du diocèse en pèlerinage en Terre Sainte 🡵, en contradiction avec sa sanction canonique, ce que Mgr Laurent Camiade ne pouvait ignorer.
Devant le laxisme de Mgr Camiade, Mgr de Kerimel, évêque de Toulouse, fait un signalement à la congrégation de la Doctrine pour la Foi, et une plainte au TPCN est déposée. L'avocat ecclésiastique a pointé plusieurs delicta graviora. 🡵. Que Mgr de Kerimel fasse lui-même le signalement à la congrégation de la Doctrine pour la Foi est éloquent, car la logique aurait voulu que Mgr Camiade le fasse lui-même !
Père Franz de Boer
En 2015 et 2016, deux femmes (une majeure, une mineure) qui ne se connaissent pas dénoncent auprès de Mgr Camiade des violences sexuelles. Celle qui est majeure dénonce même des viols. Mgr Camiade ne fait rien. Il faudra attendre la médiatisation pour qu'il saisisse le TPCN afin « qu'il engage une enquête préliminaire canonique de la plainte devant la justice canonique » et qu'il « place en retrait du père Franz de Boer de l'exercice de son ministère paroissial actuel » 🡵.
Pour remplacer le père Franz de Boer, l'évêché choisit le Père Florent Millet… alors que ce dernier a fait l'objet d'une sanction canonique en 2022 🡵.
Père Ronan de Gouvello
Le père Ronan de Gouvello est mis brutalement en retrait par Mgr Camiade au mois de mars 2019. L'évêque se veut rassurant : « Dans le contexte actuel, je tiens à préciser qu'il ne s'agit en rien de pédocriminalité et que l'absence d'infraction pénale a été vérifiée par la justice » 🡵.
En 2024, au terme du procès canonique, Mgr Camiade annonce que le père Ronan de Gouvello a interdiction d'accompagner spirituellement et de confesser des femmes pour une durée de cinq ans 🡵.
Mais le journal La Croix indique qu'il y aurait davantage :
- le prêtre aurait aussi reçu l'interdiction de s'occuper de la gestion financière d'une paroisse pendant la même durée 🡵.
- « Mgr Camiade semble situer ces affaires dans le registre du simple manquement à la chasteté exigée par la discipline ecclésiastique, évoquant « des faits d'ordre privé ». Or au moins une des femmes concernées décrit une relation sexuelle avec le père de Gouvello qui se serait déroulée dans le cadre d'une emprise exercée au sein d'un accompagnement spirituel. Selon nos informations, cette relation aurait eu lieu alors que le père de Gouvello était son accompagnateur spirituel, son confesseur, et qu'elle-même se qualifiait en situation de vulnérabilité psychique. Interrogé sur ce point, l'évêque n'a pas souhaité répondre » 🡵.
Mgr Camiade indique également que le père est « basé dans un autre diocèse que celui de Cahors, en lien avec une équipe de prêtres informés de sa situation. Il est, pour cette mission, placé sous la vigilance du curé du lieu. Il aura à suivre un accompagnement spirituel, psychologique et pastoral, sous ma responsabilité » 🡵… mais Mgr Camiade l'autorise « à partir à pied, en pèlerinage vers Jérusalem et cela va lui prendre plusieurs mois. Je connais son itinéraire et nous conservons le contact. Je lui ai permis de faire cette démarche, qui peut l'aider à se reconstruire et relancer sa vie spirituelle » 🡵.
Père Philippe Olivier
- https://www.ladepeche.fr/article/2010/12/19/973602-baladou-le-village-a-recu-l-eveque.html
- https://www.mediapart.fr/journal/france/190923/dans-le-lot-l-eveche-protege-un-pedocriminel-et-rejette-sa-victime
- https://www.elle.fr/Societe/News/Lot-victime-d-un-cure-pedophile-il-denonce-le-maintien-en-poste-de-son-agresseur-4149347
- https://www.ladepeche.fr/article/2014/10/04/1964928-hommages-a-la-chapelle-saint-louis-de-l-ovalie.html
- https://cahors.catholique.fr/eglise-pratique/l-eveque-et-le-diocese-de-cahors/nominations/nominations-2014/Nominations-1620
- https://www.ladepeche.fr/article/2016/09/01/2409729-derniere-messe-pour-l-abbe-michel-cambon.html
- https://www.ladepeche.fr/article/2016/04/10/2321998-le-grand-remaniement-de-l-eveque-de-cahors.html
- https://cahors.catholique.fr/eglise-pratique/doyennes-et-paroisses/doyenne-du-causse-central/groupement-paroissial-de-catus-399/article/groupement-paroissial-de-catus-3343
- https://www.ladepeche.fr/2020/01/26/visite-pastorale-de-mgr-laurent-camiade,8687418.php
- https://www.mediacites.fr/enquete/toulouse/2023/09/17/quand-leveche-de-cahors-protege-un-pedocriminel-et-rejette-sa-victime/
- https://www.mediacites.fr/complement-denquete/toulouse/2023/09/28/ce-nest-pas-de-la-pedocriminalite-face-aux-paroissiens-leveque-de-cahors-en-plein-deni/
- https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/180923/la-victime-d-un-cure-pedophile-denonce-son-maintien-en-poste
- https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/l-info-de-france-inter-3127183
- https://cahors.catholique.fr/eglise-pratique/l-eveque-et-le-diocese-de-cahors/agenda-homelies-communiques/infos-communiques/article/communique-du-diocese-de-cahors
Parcours du père Philippe Olivier
- Avant sa condamnation, le père Philippe Olivier est curé du groupement paroissial de Martel 🡵
- 2012 Le père Philippe Olivier quitte la paroisse de Martel durant l'hiver 2012. Son départ ne donne lieu à aucune explication officielle aux fidèles de la paroisse 🡵.
- 2013 Condamné par le tribunal correctionnel de Cahors à un an d'emprisonnement avec sursis avec une mise à l'épreuve de 18 mois pour atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité sur la victime 🡵.
- 2014 L'année suivant sa condamnation il est toujours curé du groupement paroissial de Martel 🡵 avant d'être nommé en fin d'année « dans le groupement paroissial de Catus avec le pouvoir de vicaire » 🡵, vraisemblablement suite au décret canonique définitif lui interdisant d'exercer un ministère auprès de mineurs.
- 2016 Le père Philippe Olivier devient curé de la paroisse de Catus, « soutenu par l'administrateur apostolique, l'abbé Florent Millet » 🡵 qui réside à Cahors car il est également vicaire général 🡵.
- 2020 A l'occasion d'une visite pastorale de Mgr Laurent Camiade, un article du diocèse permet de comprendre que le père Florent Millet n'est plus présent sur la paroisse de Catus : « Mgr Laurent Camiade et le Vicaire général Florent Millet ont sillonné nos routes avec l'abbé Olivier, heureux de leur présenter les uns et les autres » 🡵. Un article de presse indique que le père Philippe Olivier est « Vicaire Paroissial, Curé de Catus » 🡵.
- 2023 Alors que le père est encore en poste à Catus, Mickaël, la victime du procès de 2013 médiatise cette affaire 🡵 🡵. Le diocèse de Cahors indique alors que le curé n'officiait plus auprès d'enfants et qu'après le procès judiciaire civil, une procédure canonique avait été engagée par l'Église, avec la même conclusion de culpabilité. « Aujourd'hui, souligne le communiqué du diocèse, conformément à la sanction canonique, le prêtre concerné exerce un ministère paroissial restreint, sans activité pastorale directement en lien avec des mineurs (…) sous la responsabilité d'un curé » 🡵.
Suite à la médiatisation, le prêtre en question est aujourd'hui dans un service d'archives de l'Église. « Avec cette médiatisation, il n'était plus possible qu'il poursuive un ministère en paroisse quand bien même il n'a pas été considéré par la justice comme présentant un danger » nous signale Laurent Camiade 🡵.
L'affaire Philippe Olivier
Entre 2002 et 2006, alors qu'il est curé de Lalbenque (Lot), le père Philippe Olivier s'adonne à des masturbations, fellations et pénétrations digitales sur Mickaël, l'un de ses servants d'autel, alors que ce dernier avait entre 13 et 17 ans 🡵.
Entré au séminaire en 2007, Mickaël comprend en 2011 la gravité des faits qu'il dénonce à son supérieur, le père Jean-Marc Micas. Celui‐ci prévient immédiatement son confrère Norbert Turini, alors évêque de Cahors, qui a autorité sur le séminariste 🡵.
Selon Jean-Marc Micas, Mgr Norbert Turini voit les choses de la manière suivante 🡵 :
- « Mgr Turini a dit que c'était une relation d'égal à égal et qu'ils étaient amoureux, se souvient l'actuel évêque de Lourdes. Mais pour moi, on ne peut jamais dire quelque chose de pareil. Il ne peut pas y avoir de relation entre un adulte et un enfant. »
- « Mgr Turini espérait résoudre l'affaire en convoquant les deux hommes dans son bureau, qu'ils se serrent la main et règlent ça à l'amiable. »
C'est la raison pour laquelle, suite à la plainte déposée par Mickaël 🡵 :
- Mgr Turini défendra le père Philippe Olivier avec l'argumentation de la relation d'égal à égal.
- Lors du procès, l'évêché ne se porte pas partie civile et demande à l'avocat diocésain, Maître Jacques Alary, de défendre le père Olivier plutôt que d'en faire bénéficier Mickaël. L'évêque fait également pression pour que le jugement se fasse à huis clos (ce qu'il obtient), afin de ne pas ébruiter l'affaire.
Après le procès qui reconnaît coupable le père Philippe Olivier, Norbert Turini refuse que Mickaël termine son séminaire et soit ordonné, malgré l'avis favorable des six responsables du séminaire. « Ce que les membres du diocèse de Cahors m'ont toujours fait ressentir, c'est que j'étais coupable à leurs yeux. Ils ne m'ont jamais aidé à sortir de ça. Quand ils m'ont mis dehors, j'ai compris que je les dérangeais. En 2011, un ami jésuite à qui je m'étais confié m'avait conseillé d'attendre d'être ordonné pour porter plainte. Il savait que j'allais me griller. » 🡵
Son successeur, Mgr Laurent Camiade, refusera également que Mickaël reprenne sa formation au séminaire🡵.
En 2023, alors que Mickaël médiatise cette affaire et dénonce le maintien en poste du père Philippe Olivier, le diocèse de Cahors indique alors que le curé n'officiait plus auprès d'enfants et qu'après le procès judiciaire civil, une procédure canonique avait été engagée par l'Église, avec la même conclusion de culpabilité. « Aujourd'hui, souligne le communiqué du diocèse, conformément à la sanction canonique, le prêtre concerné exerce un ministère paroissial restreint, sans activité pastorale directement en lien avec des mineurs (…) sous la responsabilité d'un curé » 🡵. Mickaël n'a jamais eu accès aux conclusions du tribunal ecclésiastique 🡵 mais le diocèse indiquera dans un communiqué de septembre 2023 :
A la suite de ce jugement correctionnel, la procédure canonique ouverte par Mgr Turini a pu se poursuivre. Elle a été menée sous l'autorité de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi conformément au droit canonique. En août 2014, le décret canonique définitif spécifiant la sanction est transmis. Il interdit au prêtre reconnu coupable d'exercer un ministère auprès de mineurs.
Aujourd'hui, conformément à la sanction canonique, le prêtre concerné exerce un ministère paroissial restreint, sans activité pastorale directement en lien avec des mineurs. Il est vicaire, sous la responsabilité d'un curé qui a été informé de sa situation et qui est vigilant sur ce point.
On notera que la situation de « vicaire sous la responsabilité d'un curé » ne signifie pas que le curé réside dans la paroisse… comme cela avait été le cas dès 2016, avec le vicaire général Florent Millet (depuis condamné) qui résidait à Cahors 🡵.
Suite à la médiatisation de 2023, l'évêque de Cahors, Mgr Laurent Camiade rencontre les paroissiens avec son vicaire général, le père Luc Denjean. Le journal Mediacités rends compte de cet échange 🡵 :
« Ce n'est pas de la pédocriminalité », estime [Mgr Laurent Camiade], contestant le fait que des relations sexuelles d'un homme de 35 ans sur un enfant de 13 ans relèvent de la pédophilie. Du moins, « tout dépend de ce que l'on met sous ce mot », poursuit‐il avec cynisme.
[…]
Les deux chefs de l'évêché [Mgr Laurent Camiade et son vicaire général, le père Luc Denjean] préfèrent parler « d'erreurs » et de « fautes » plutôt que « d'agressions sexuelles » ou de « délits ». Le terme « abus » n'est employé qu'une seule fois par Laurent Camiade, dans le but de victimiser le coupable. « L'auteur d'un abus, alors je ne sais pas si c'est le mot, on peut en discuter, bredouille‐t‐il, mais cet auteur est aussi blessé par ce qu'il a fait. »