Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus (ICRSP)
- [Semaine du 17 au 23 août 2026]
Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus (ICRSP) : des témoignages dénoncent des comportements extrêmement graves
- [Semaine du 3 au 9 août 2026]
Humiliations, isolement, emprise… D'anciennes sœurs de l'Institut du Christ Roi brisent le silence
- [Semaine du 13 au 19 juillet 2026]
Institut du Christ Roi Souverain Prêtre : un rapport sur des accusations de dérives sectaires resté sans suite depuis 2014
Informations complémentaires
Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus (ICRSP)
- https://adoratrices.icrss.org/fr
- https://icrspfrance.fr/institut/vocation-institut
- https://kloster-engelport.de/schwestern/die-anbetungsschwestern/
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/gricigliano
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/cotes
- https://kloster-engelport.de/kloster/geschichte/
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/preston
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/naples
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/livourne
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/wausau
- https://riposte-catholique.fr/archives/159015
- https://riposte-catholique.fr/archives/170891
- https://www.pillarcatholic.com/p/you-just-feel-so-defeated-women-await
- https://threadreaderapp.com/thread/2032371926799110434.html
- https://www.leparisien.fr/oise-60/humiliations-isolement-emprise-danciennes-soeurs-de-linstitut-du-christ-roi-brisent-le-silence-07-08-2026-XAMSMPM7A5C2FKUUJGKGDQHWXQ.php
- https://www.icrsp-victimes.org/s%C5%93urs-adoratrices/t%C3%A9moignages-vie-sr-adoratrices-icrsp
⚖️ Statut canonique
Association publique de fidèlesUnies à l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre et partageant sa spiritualité, les sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre ont pour vocation particulière de prier pour la sanctification des prêtres, notamment ceux de l'Institut, et de les soutenir dans leur apostolat. Durant leurs années de noviciat, les postulantes et les novices se forment à la vie religieuse et cherchent à s'unir toujours davantage au divin Maître, en particulier dans l'adoration eucharistique quotidienne 🡵.
Dates clés
- 2001 Fondation 🡵
- 2004 L'archevêque de Florence, le cardinal Ennio Antonelli, remet l'habit aux trois premières sœurs 🡵
- 2005 Ouverture de la maison du Cœur Royal (Gricigliano, Italie), après plusieurs installations provisoires dans les environs de Florence 🡵
- 2008 Reconnue comme association de droit pontifical
- 2011 Ouverture de la maison mère : maison du Cœur Eucharistique 🡵
- 2014 Ouverture de la maison Maria Engelport (diocèse de Trèves, Allemagne) 🡵
- 2018 Ouverture de la maison Saint-Augustin (Preston, Angleterre) 🡵
- 2019 Ouverture de la maison Saint-Thomas-d'Aquin (Naples, Italie), qui devient le noviciat 🡵
- 2019 Ouverture de la maison du Sacré-Cœur (Livourne, Italie) 🡵
- 2019 Ouverture de la maison de la Nativité de Notre-Dame (Wausau, Wisconsin, États-Unis) 🡵
- 2021 Ouverture de la maison de Notre-Dame du Très Saint Rosaire (Ardee, Irlande) 🡵
- 2022 Ouverture de la maison Notre-Dame-de-Bonne-Délivrance (Loisy, France) 🡵
Critiques
En mars 2026, un article publié dans The Pillar (traduction) fait état de dysfonctionnements graves chez les Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus.
Dans Le Parisien
En juillet 2026, des témoignages publiés dans un article du Parisien décrivent un fonctionnement dans lequel l'individu doit totalement s'effacer au profit du collectif :
Lors du premier office, elle croise les jambes en s'asseyant. Une faute. La maîtresse des postulantes l'interpelle devant toute la communauté : « Maintenant que tu as quitté le monde, tu dois suivre les règles ». Elle le vit comme une humiliation.
Au fil des années, chaque geste du quotidien devient contrôlé, codifié. Les mères supérieures apprennent aux sœurs à faire le signe de croix de la même manière et à la même vitesse.
Si l'actuelle mère supérieure des Sœurs Adoratrices évoque une formation menée avec « souplesse », les témoignages recueillis dressent un tableau bien différent. Il faut fermer les portes comme les autres, sans bruit mais d'un geste franc. Il faut marcher « sur la pointe des pieds, sans claquer les talons », se souvient sœur Béatrice. Une consigne difficile à respecter lorsqu'il faut se dépêcher.
D'autant que leur quotidien est minuté. Réveil à 6 heures, ménage, messe, méditation, étude du catéchisme et du français. À 13 heures, déjeuner en silence, suivi de nouvelles tâches ménagères, puis d'une sieste obligatoire. L'après-midi alterne entre chant grégorien, prières, méditation et travaux domestiques. Les prières s'achèvent vers 21h30 avant le « grand silence ». Enfin, à 22 heures, extinction des feux. Le lendemain, la journée recommence à l'identique.
Les rapports avec les hommes de l'Institut et entre les religieuses sont aussi très réglementés. « Nous n'avions pas le droit de regarder les prêtres dans les yeux », racontent Christine et Mélina. Leur adresser la parole est également proscrit, « sauf autorisation d'une mère supérieure », précise Benoît, un prêtre membre de l'ICRSP, contacté par Le Parisien.
Les conversations entre deux sœurs sont, elles aussi, limitées afin d'éviter ce que les mères supérieures appellent les « amitiés particulières ». Peu à peu, chacune apprend à s'effacer derrière le collectif. Elles finissent par être « complètement isolées les unes des autres », au point que « l'individualité n'existait plus », résument Mélina et Christine.
Les relations avec l'extérieur sont aussi contrôlées, avec un courrier par mois maximum à la famille. La précieuse lettre est remise ouverte aux supérieures, et « sûrement lue », selon Christine.
Témoignages de quatre anciennes sœurs adoratrices
Le Collectif victimes Institut du Christ Roi diffuse la traduction des témoignages de quatre anciennes sœurs adoratrices qui mettent gravement en cause la communauté :
- Infantilisation et déresponsabilisation : interdiction de gérer soi-même son courrier, ses effets personnels ou son emploi du temps ; obligation de justifier la moindre décision auprès de la Maîtresse des novices.
- Interdiction de toute critique ou remise en question : règle explicite proscrivant le signalement de dysfonctionnements, assimilé à un manque de charité ou d'humilité.
- Moralisation excessive des fautes anodines : erreurs involontaires (fausse note, vaisselle cassée) systématiquement interprétées comme des péchés d'orgueil ou de paresse.
- Punitions disproportionnées et dégradantes : privation de récréation, corvées supplémentaires, envoi ramasser des seringues usagées et des excréments en pleine rue en guise de pénitence.
- Exigences physiques dangereuses : imposition de génuflexions et d'agenouillements prolongés (jusqu'à deux heures par jour) malgré des blessures constatées (subluxation de la rotule), sans réelle prise en charge médicale.
- Isolement familial : interdiction de fait d'écrire à sa famille dans les délais promis, contact maintenu secrètement par la Supérieure avec les proches à l'insu de la postulante, délai de « moins de dix minutes » imposé sous la contrainte pour rédiger une lettre.
- Isolement social et interdiction d'amitié : interdiction de nouer des liens amicaux entre postulantes/novices, séparation punitive de deux amies déjà proches sans en informer l'une d'elles, réprimandes pour un simple sourire jugé « trop amical ».
- Ostracisme organisé : mise à l'écart délibérée d'une postulante pendant six semaines, sans explication, avec consigne implicite à toute la communauté de l'ignorer.
- Humiliation et rabaissement verbal : qualificatifs dégradants (« sangsues », « désordonnée », « paresseuse », « vagabonde »), reproches sur l'apparence physique d'une postulante en pleurs plutôt que compassion.
- Instrumentalisation des confidences : reprise et utilisation contre les postulantes d'éléments partagés en entretien privé ou dans des notes personnelles.
- Travail excessif : journées de travail de 16 heures, refus de repos supplémentaire même en cas d'épuisement documenté (évanouissements, vertiges chroniques), présenté comme un manque de sainteté.
- Négligence médicale et dentaire : soins dentaires effectués sans anesthésie ni consentement éclairé, dossier médical incomplet ou dissimulé, ongle incarné traité par extraction brutale sans anesthésie, port de chaussures inadaptées maintenu malgré des blessures documentées.
- Privation de moyens d'hygiène de base : rationnement arbitraire du papier toilette et des protections périodiques, refus d'ajuster les rations aux besoins réels, réprimande pour avoir partagé ses propres protections avec une visiteuse en détresse.
- Conditions de vie insalubres : absence chronique d'eau chaude, chauffage limité à quelques heures par jour, port imposé de bas et chaussures fermées 16 heures par jour dans un climat subtropical sans renouvellement suffisant.
- Alimentation inadéquate et nourriture avariée : régime pauvre en fibres provoquant des troubles digestifs graves, consigne de servir de la confiture moisie plutôt que de la jeter.
- Détournement d'aide destinée aux plus démunis : denrées du Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD), y compris des produits « pour enfants », consommées par la communauté tout en exigeant une contribution mensuelle des postulantes.
- Défaut de transparence et de consentement : dissimulation de l'identité réelle des produits (étiquettes FEAD masquées), absence d'information donnée aux visiteuses en détresse, opacité totale sur le contenu des « pilules sans étiquette » administrées.
- Culture du silence institutionnel : maintien en poste de la responsable mise en cause malgré les signalements, aucune réponse ni sanction apparente de la hiérarchie.