Prescription
- [Semaine du 15 au 21 juin 2026]
Violences sexuelles sur mineurs : l'imprescribilité de plus en plus plébiscitée
- [Semaine du 25 au 31 mai 2026]
Proposition de loi Spillebout : les évêques expriment leur « grande préoccupation »
- [Semaine du 20 au 26 avril 2026]
Dispositif « Renaître » et arrêt Di Falco : opposition ou complémentarité ?
- [Semaine du 13 au 19 avril 2026]
Vers l'imprescriptibilité des crimes sexuels ?
- [Semaine du 6 au 12 avril 2026]
Mgr Jean-Michel Di Falco : commentaire de l'arrêt Di Falco par Sibylle de Survilliers
- [Semaine du 5 au 11 janvier 2026]
L'imprescriptibilité est demandée par la quasi-totalité des victimes d'infractions sexuelles, et surtout d'inceste
- [Semaine du 22 au 28 décembre 2025]
Le père Bernard Lozet a reconnu des viols mais ne sera pas condamné
- [Semaine du 15 au 21 décembre 2025]
Notre-Dame de Bétharram : la prescription écartée pour Patrick Martin
- [Semaine du 3 au 9 novembre 2025]
Notre-Dame de Bétharram : le livre témoignage de Jean-Marie Delbos
- [Semaine du 12 au 18 mai 2025]
Affaire Bétharram : comment les victimes espèrent lever la prescription
- [Semaine du 3 au 9 février 2025]
Abbé Pierre : aucune enquête ne sera ouverte en raison de la prescription des faits
- [Semaine du 15 au 21 janvier 2024]
« Gestes déplacés » de Mgr Grallet : classement sans suite pour prescription
- [Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2023]
Le cardinal Ricard a été interdit de ministère public… sauf dans son diocèse
- [Semaine du 17 au 23 avril 2023]
Mgr Gardès soupçonné d'agression sexuelle, l'affaire classée pour prescription
Informations complémentaires
Prescription
IMPORTANT : la législation relative aux délais de prescription est complexe, et il appartient au juge d'évaluer l'application des règles. Ce n'est donc jamais à une autre personne (comme un évêque, par exemple) de décider si la prescription s'applique ou non.
Les informations ci-dessous sont données à titre informatif, et ne constituent nullement un conseil juridique.
Rappel des définitions légales
| Fait | Définition | Exemple | Source |
|---|---|---|---|
| Harcèlement sexuel (1) | Propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui portent atteinte à la dignité ou créent une situation offensante. | Des propos répétés sur la sexualité | Article 222-33 du Code pénal |
| Harcèlement sexuel (2) | Mettre la pression à quelqu'un·e dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle. | Une proposition sexuelle en échange d'un logement | Article 222-33 du code pénal |
| Agression sexuelle (« attentat à la pudeur » avant 1994) | Contact physique avec une partie sexuelle (fesses, sexe, seins, bouche, entre les cuisses) commis par violence, contrainte, menace ou surprise. | Main aux fesses, baiser forcé, contact du sexe | Article 222-22 du Code pénal |
| Viol | Tout acte de pénétration sexuelle ou acte bucco-génital commis par violence, contrainte, menace ou surprise. | Fellation forcée, pénétration forcée, cunnilingus forcé. | Article 222-23 du Code pénal |
Remarque : Le droit français intègre de plus en plus explicitement la notion d'absence de consentement dans la définition du viol.
Les délais de prescription de droit commun
La durée du délai dépend d'abord de la qualification juridique de l'infraction (crime ou délit) et de l'âge de la victime au moment des faits.
Victime majeure au moment des faits
- le délai démarre le jour de l'infraction
- en cas de crime : 20 ans
- en cas de délit : 6 ans
Victime mineure au moment des faits
- le délai démarre à partir de la majorité de la victime (18 ans)
- en cas de crime (loi du 3 août 2018) : 30 ans (plainte possible jusqu'à 48 ans)
- en cas de délit
- agression sexuelle aggravée ou sur mineur de moins de 15 ans : 20 ans (plainte possible jusqu'à 38 ans)
- Autres agressions sexuelles sur mineur : 10 ans (plainte possible jusqu'à 28 ans)
Le mécanisme de la « Prescription Glissante »
La prescription glissante (ou « prescription suspendue par connexité ») est un mécanisme juridique pour contrer les agresseurs en série. Lorsqu'un agresseur commet une nouvelle infraction sexuelle sur une victime, cela peut, sous certaines conditions, suspendre ou « pousser » le délai de prescription des faits précédents commis sur d'autres victimes, évitant ainsi que ses crimes plus anciens ne soient prescrits.
Si un agresseur commet un viol ou une agression sexuelle sur un mineur, et qu'il récidive sur un autre mineur avant que le premier délai ne soit expiré, la première infraction ne se prescrira que lorsque la seconde sera elle-même prescrite.
Évolution récente : Le débat s'est intensifié pour savoir s'il fallait étendre cette prescription glissante aux victimes majeures, notamment suite à des affaires médiatisées de prédateurs en série. Les textes législatifs récents ont acté une extension de ce principe aux victimes majeures en cas de viols sériels, afin d'éviter qu'un mode opératoire identique ne permette à l'auteur d'échapper aux poursuites pour ses premières victimes.
Âge de non-consentement d'un majeur sur un mineur
La loi du 21 avril 2021 (Loi Billon) crée un seuil d'âge de non-consentement à 15 ans (et 18 ans en cas d'inceste). En deçà de cet âge, l'acte sexuel par un majeur est automatiquement considéré comme un viol ou une atteinte sexuelle.
Non-rétroactivité des lois de prescription
Une loi qui allonge la prescription ne peut pas s'appliquer si les faits étaient déjà prescrits au moment où la loi est entrée en vigueur. Par exemple, si, selon les anciennes règles, un fait s'est prescrit en 2025, une loi votée par la suite ne pourra pas « ressusciter » l'affaire. En revanche, si le délai était encore en cours (même s'il restait un seul jour), la nouvelle loi s'applique et prolonge le délai.